- Près de 27 % des Français envisagent de confier la planification de leurs congés estivaux à une intelligence artificielle.
- L’adoption de cette technologie atteint 30 % chez les voyageurs de moins de 35 ans, selon un baromètre Kantar.
- Le secteur de l’hôtellerie, à l’image du groupe Best Western, adapte désormais ses données pour optimiser son référencement algorithmique.
- Des risques d’« hallucinations » persistent, l’IA pouvant inventer des adresses inexistantes ou des itinéraires erronés.
Une transition numérique du guide papier vers l’agent conversationnel
Les traditionnels guides de voyage et la multiplication des onglets de recherche cèdent progressivement la place à une interface unique et interactive. L’usage de l’intelligence artificielle générative, telle que ChatGPT, transforme la préparation des vacances en une simple conversation technique. La planification des congés entre dans une ère conversationnelle où l’algorithme remplace peu à peu les supports de recherche traditionnels par une assistance personnalisée en temps réel. Selon les données récentes du baromètre Kantar, cette tendance s’ancre durablement dans les foyers français, particulièrement chez les moins de 35 ans qui y voient un outil d’aide à la décision rapide et efficace pour structurer leurs séjours.
L’efficacité opérationnelle au service de l’hyper-personnalisation
Pour les utilisateurs, l’attrait principal réside dans la capacité de l’outil à traiter des contraintes complexes en quelques secondes. Qu’il s’agisse de respecter un budget précis, d’éviter les zones de forte affluence touristique ou d’identifier des points de vue photographiques spécifiques, l’IA agit comme un assistant personnel. Des voyageurs témoignent d’un gain de temps considérable, déléguant à la machine les tâches fastidieuses comme le calcul des temps de trajet ou la comparaison des quartiers. Le gain de temps et la capacité de l’outil à proposer des itinéraires sur mesure séduisent une population connectée désireuse de vivre des expériences locales sans l’effort de la recherche manuelle. Cette technologie permet ainsi une flexibilité nouvelle, le programme pouvant être ajusté au gré des envies durant le séjour lui-même.
Le secteur du tourisme face au défi du référencement algorithmique
Cette mutation des usages impose aux professionnels du tourisme une révision de leur stratégie numérique. Pour figurer dans les recommandations des agents conversationnels, les établissements doivent désormais fournir des données extrêmement granulaires. Olivier Cohn, directeur général de Best Western, souligne l’importance de nourrir les bases de données avec des détails précis allant de la taille des salles de bains à la présence de connectiques modernes. Face à cette mutation des usages, les professionnels du tourisme optimisent leurs informations pour garantir leur visibilité auprès des algorithmes de recommandation. L’enjeu est de taille : apparaître comme la réponse idoine à une requête spécifique formulée par un futur client auprès de son intelligence artificielle.
À lire aussi Infrastructures de l’intelligence artificielle : l’empreinte méconnue de la pollution par les PFAS
La persistance d’erreurs factuelles et le risque d’« hallucinations »
Malgré ces avancées, la fiabilité absolue des informations fournies par l’IA reste sujette à caution. Le phénomène dit d’« hallucination » conduit parfois l’outil à inventer des établissements avec une assurance déconcertante. Des témoignages font état de restaurants fictifs ou d’adresses renvoyant vers des immeubles résidentiels en lieu et place des commerces annoncés. Malgré une apparente assurance, les intelligences artificielles génératives restent sujettes à des erreurs factuelles pouvant compromettre la réalité du séjour des voyageurs. Une étude menée par l’agence SEO Travel confirme d’ailleurs que de nombreux itinéraires générés contiennent des incohérences, rappelant que la vigilance humaine demeure indispensable pour valider les suggestions algorithmiques avant le départ.