- Près de 80 % de la forêt de Fontainebleau rouvrent au public ce samedi, après les incendies majeurs du mois de juillet.
- Un secteur de 4 000 hectares, comprenant la zone sinistrée et un périmètre de sécurité, demeure interdit d’accès en raison de fumerolles souterraines et de risques de chutes d’arbres.
- Le préfet délégué Benoît Kaplan et l’Office national des forêts (ONF) appellent les 15 millions de visiteurs annuels à une vigilance extrême et au respect strict des consignes de sécurité.
- Selon l’ONF, la régénération totale des parcelles ravagées par les flammes nécessitera plusieurs décennies.
Une réouverture progressive sous haute surveillance
Quelques mois après les incendies historiques qui ont ravagé le massif de Fontainebleau, les promeneurs vont pouvoir se réapproprier les sentiers. Les autorités françaises ont annoncé la réouverture d’une grande partie de la forêt ce samedi. Cette décision marque une étape importante pour ce site naturel exceptionnel situé à une soixantaine de kilomètres de Paris, qui accueille habituellement près de 15 millions de visiteurs chaque année. Toutefois, la prudence reste de mise pour le public, car l’accès global ne sera rétabli que de manière très progressive.
Un périmètre de sécurité maintenu face aux risques persistants
Si une grande partie du massif est de nouveau accessible, une zone d’exclusion d’environ 4 000 hectares reste fermée au public. Ce secteur comprend les 2 000 hectares directement touchés par les flammes (soit 10 % de la surface totale de la forêt) ainsi qu’une zone tampon de taille équivalente. Le préfet délégué pour l’égalité des chances, Benoît Kaplan, a rappelé que des pompiers interviennent encore quotidiennement pour éteindre des points chauds résiduels. La nature tourbeuse du sol, composée de sable et de matières organiques desséchées, favorise la propagation invisible de feux souterrains capables de ressurgir à tout moment.
Des consignes de sécurité strictes pour les usagers
Les autorités insistent sur le respect rigoureux des consignes de sécurité dans les zones autorisées, d’autant que la végétation, marquée par les fortes chaleurs estivales, reste particulièrement vulnérable. Outre l’interdiction absolue de fumer ou de faire des barbecues, les promeneurs doivent impérativement rester sur les sentiers balisés. Sophie David, responsable à l’Office national des forêts (ONF), met également en garde contre le danger posé par les arbres affaiblis par la sécheresse, qui menacent de s’effondrer. « Nous sommes des invités dans cette nature » à qui il faut « laisser le temps de se reconstruire », rappelle la représentante de l’ONF pour sensibiliser le public.
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Une reconstruction écologique qui prendra des décennies
Bien que certains secteurs d’escalade mondialement réputés soient de nouveau accessibles, les sites les plus fréquentés qui ont subi les assauts du feu restent inaccessibles à ce stade. Sur les parcelles calcinées, de timides signes de reprise apparaissent, comme de jeunes pousses de fougères au milieu des cendres. Néanmoins, les spécialistes de l’ONF estiment qu’il faudra plusieurs décennies avant que la forêt ne retrouve son état d’origine. La réouverture complète du massif se fera donc de manière parcellaire, au rythme de la sécurisation des voies et de la régénération naturelle du milieu.