- Un rapport d’inspections propose jusqu’à 4,2 milliards d’euros d’économies à long terme sur la politique familiale.
- La CGT conteste ces arbitrages budgétaires face à l’excédent de 1,2 milliard d’euros de la branche famille.
- L’association Familles de France s’oppose à la révision de la majoration de pension de 10 % pour les familles nombreuses.
Un projet d’économies de grande ampleur
En prévision de l’élaboration du budget de l’État et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, les débats s’intensifient autour des politiques de soutien aux ménages. Un rapport conjoint de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l’Inspection générale des finances (IGF), commandé par le Premier ministre Sébastien Lecornu et daté de juin dernier, préconise des réformes d’envergure. Ce document suggère de réaliser 2,5 milliards d’euros d’économies à court terme, une somme qui pourrait atteindre 4,2 milliards d’euros à plus long terme. L’exécutif étudie ainsi des mesures de rigueur visant directement le budget des familles françaises.
La CGT défend le principe d’universalité
Cette perspective suscite une vive opposition de la part de la CGT, qui critique une réorientation des fonds injustifiée. Le syndicat souligne en effet que la branche famille de la Sécurité sociale affiche actuellement un excédent de 1,2 milliard d’euros, une somme dont le gouvernement refuse selon lui de faire bénéficier les assurés. L’organisation pointe du doigt des mesures pénalisantes, comme la réduction des aides personnalisées au logement (APL) pour les étudiants ou la fin de la réduction d’impôt pour frais de scolarité, qui viendraient alourdir le coût des études. Selon le syndicat, cibler ces dispositifs remet fondamentalement en cause le principe fondateur d’universalité de la Sécurité sociale.
L’inquiétude pour les pensions des familles nombreuses
De son côté, l’association Familles de France concentre ses critiques sur l’éventuelle modification de la majoration de pension de 10 % accordée aux parents ayant élevé au moins trois enfants. Le rapport propose de substituer à ce taux proportionnel un montant forfaitaire de 125 euros par mois. L’association rappelle que ces droits à la retraite valorisent l’investissement éducatif des parents et soutiennent les carrières, particulièrement celles des femmes, souvent fragmentées par des périodes de temps partiel ou d’inactivité. L’organisation demande ainsi des garanties pour qu’aucune réforme ne conduise à une baisse du niveau de vie des retraités concernés.