- Le coût d’affrètement journalier d’un superpétrolier vers la Chine atteint 523 942 dollars, soit cinq fois plus qu’en début d’année.
- Les tensions géopolitiques dans le détroit d’Ormuz maintiennent le pétrole brut au-dessus des 90 dollars le baril.
- L’armateur sud-coréen Sinokor a investi 6 milliards de dollars pour acquérir plus de 70 navires.
- La valeur d’un superpétrolier d’occasion s’élève désormais à 130 millions de dollars, un sommet depuis 2008.
Une envolée historique des tarifs d’affrètement
L’absence de perspectives de résolution du conflit dans le détroit d’Ormuz continue de perturber le commerce maritime international. Alors que les négociations sont rompues entre Washington et Téhéran, la navigation dans le golfe Persique demeure hautement risquée, contraignant de nombreux pétroliers à désactiver leurs transpondeurs pour dissimuler leur position. Dans ce contexte, les cours du pétrole brut restent installés au-dessus des 90 dollars le baril, se répercutant sur les prix du carburant en France, établis au-delà de deux euros le litre.
Cette situation profite aux propriétaires de navires. Selon la revue spécialisée Lloyd’s List, le tarif d’affrètement journalier pour un superpétrolier vers la Chine a atteint 523 942 dollars, soit une multiplication par cinq par rapport au début de l’année. Jusqu’à la mi-février, le coût journalier oscillait autour de 100 000 dollars selon la Baltic Exchange. Certains trajets complets vers l’Asie de l’Est se négocient désormais jusqu’à 31 millions de dollars.
Des investissements massifs dans les flottes de tankers
Afin de tirer parti de ces conditions de marché jugées exceptionnelles par les analystes, les compagnies maritimes et les producteurs d’énergie multiplient les achats de navires. Cette demande soutenue fait grimper la valeur des superpétroliers d’occasion à 130 millions de dollars selon le courtier Braemar, soit le niveau le plus élevé enregistré depuis 2008.
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Parmi les acteurs les plus actifs, la compagnie nationale émiratie Adnoc a fait l’acquisition de onze navires pour 1,3 milliard de dollars. De son côté, la ferme sud-coréenne Sinokor tire particulièrement son épingle du jeu avec le soutien financier du groupe italo-suisse MSC. L’entreprise sud-coréenne a déboursé 6 milliards de dollars depuis la fin décembre pour acheter plus de 70 très grands pétroliers.
Une concentration du trafic sur un nombre restreint d’acteurs
Malgré la rentabilité importante des traversées, le nombre d’armateurs acceptant d’opérer dans cette zone sensible reste limité. Selon les données du cabinet Vortexa, seulement 29 superpétroliers assurent plus de la moitié des passages observés dans le détroit d’Ormuz.
D’après Greg Miller, analyste chez Lloyd’s List Intelligence, la fragmentation des relations géopolitiques mondiales permet aux détenteurs d’actifs maritimes de bénéficier d’une très forte hausse des taux de fret. L’anticipation d’une crise prolongée par les importateurs alimente cette dynamique, maintenant les tarifs maritimes à des niveaux historiquement élevés.