- L’État du Nevada a saisi la justice fédérale pour bloquer un plan de réduction de son approvisionnement en eau du fleuve Colorado.
- Ce projet de régulation pourrait amputer jusqu’à 71 % de l’allocation annuelle du Nevada, la abaissant à 106,6 millions de mètres cubes.
- La ville de Las Vegas dépend de cette ressource hydrique à hauteur de 90 % pour approvisionner sa population et son économie.
Un recours en justice contre le plan fédéral
L’État du Nevada a engagé une action devant la justice fédérale afin de suspendre un nouveau plan de l’administration de Donald Trump visant à restreindre l’accès à l’eau du fleuve Colorado. Ce dispositif prévoit de réduire la consommation cumulée de l’Arizona, de la Californie et du Nevada de près de 3,7 milliards de mètres cubes par an d’ici 2036. Le Nevada conteste cette décision qui pourrait amputer son allocation annuelle de près de 71 %, la faisant chuter de 370 millions à 106,6 millions de mètres cubes. Les autorités de l’État, soutenues par la Southern Nevada Water Authority, estiment que l’impact économique, sanitaire et environnemental de ces coupes n’a pas été correctement évalué par le gouvernement fédéral. L’Arizona, fortement touché par ces mesures, pourrait également entamer des poursuites judiciaires similaires.
Un enjeu vital pour la région de Las Vegas
Cette bataille juridique illustre la crise de gestion d’un fleuve dont dépendent près de 40 millions de personnes dans le sud-ouest des États-Unis, aujourd’hui fragilisé par la sécheresse et la surexploitation. Pour le Nevada, la situation est particulièrement critique car la métropole de Las Vegas dépend du Colorado pour environ 90 % de son approvisionnement en eau. Le gouverneur républicain de l’État, Joe Lombardo, a qualifié cette situation de question de survie pour ses administrés, qui représentent les deux tiers de la population locale. De plus, les critiques se cristallisent sur l’exemption des quatre États du bassin supérieur (Colorado, Nouveau-Mexique, Utah et Wyoming), non soumis aux réductions obligatoires. De son côté, la Maison-Blanche justifie ces restrictions par l’absence d’accord entre les sept États concernés et par la nécessité de préserver le fonctionnement des barrages hydroélectriques sur les lacs Mead et Powell.