- Le Premier ministre Sébastien Lecornu entame ce mercredi une visite officielle à Mayotte pour relancer les chantiers de reconstruction.
- Un an et demi après le passage du cyclone Chido, seuls 12 % des crédits délégués pour 2026 ont été effectivement dépensés.
- La visite se déroule dans un climat de fortes tensions sociales et d’interpellations politiques sur l’immigration et la sécurité.
Un déplacement officiel pour relancer les chantiers prioritaires
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, débute ce mercredi une visite officielle de deux jours à Mayotte, marquant son premier déplacement en Outre-mer depuis sa nomination à l’automne 2025. Accompagné de plusieurs ministres, le chef du gouvernement souhaite accélérer les travaux de reconstruction de l’archipel, fortement ralentis un an et demi après le passage dévastateur du cyclone Chido en décembre 2024. Face aux impatiences locales, Sébastien Lecornu reconnaît des difficultés persistantes dans l’accès à l’eau, aux soins et dans la rénovation des écoles de l’île. Pour y remédier, la loi d’août 2025 prévoit une enveloppe globale de 4 milliards d’euros sur la période 2026-2031, mais seulement 12 % des crédits engagés pour l’année 2026 ont été effectivement dépensés jusqu’à présent. Le Premier ministre s’est engagé à concrétiser rapidement les projets majeurs promis par l’État, tels que la création d’un second hôpital, d’une usine de dessalement et d’un nouvel aéroport.
Des tensions politiques et sociales locales à désamorcer
Ce déplacement intervient dans un climat particulièrement lourd, marqué par une forte pression migratoire et la montée locale du Rassemblement national. Le Premier ministre devra répondre aux vives critiques de la députée Estelle Youssouffa, qui déplore une visite « les mains vides », et aux revendications syndicales qui appellent à manifester. En parallèle, les organisations de salariés réclament des revalorisations pour compenser la vie chère, ainsi qu’un alignement des droits sociaux avec la métropole. Sébastien Lecornu a annoncé vouloir aborder la lutte contre l’immigration clandestine, un sujet qui cristallise les débats à l’approche de l’élection présidentielle de 2027, alors que la moitié de la population mahoraise est de nationalité étrangère. Pour assurer le suivi de ces engagements, la création d’un comité interministériel est prévue d’ici le début de l’année 2027.