- Le gouvernement dirigé par Joseph Dion Ngute est en place depuis sept ans, une longévité inédite dans le pays.
- Le président Paul Biya avait pourtant promis la nomination d’une nouvelle équipe il y a neuf mois.
- L’absence de remaniement paralyse certains portefeuilles ministériels, dont certains restent vacants suite à des décès.
Une attente quotidienne prolongée

Depuis neuf mois, la population camerounaise guette chaque jour, lors du journal radiophonique de 17 heures, l’annonce officielle d’un remaniement ministériel. Cette promesse, formulée par le président Paul Biya, ne s’est toujours pas concrétisée, maintenant l’équipe actuelle, en poste depuis sept ans, dans ses fonctions. Ce rituel, devenu une habitude pour de nombreux citoyens dans les quartiers de Yaoundé, s’est soldé par un nouveau constat d’échec ce mercredi 26 août. L’absence prolongée de décret présidentiel alimente les interrogations au sein de la population.
Blocages politiques et vacance de postes
Les observateurs et acteurs de la société civile, à l’instar de Hilaire Kamga, analysent cette situation comme le signe d’un immobilisme étatique. Selon plusieurs analystes, le processus de nomination est entravé par des rivalités internes au sein de l’appareil d’État, rendant l’arbitrage présidentiel particulièrement complexe à réaliser. En 44 ans de pouvoir, Paul Biya a pourtant procédé à 34 remaniements, mais la configuration actuelle semble inédite. La longévité de l’exécutif actuel pose également des problèmes de gestion technique, plusieurs portefeuilles ministériels n’ayant pas été pourvus de manière pérenne après le décès de leurs titulaires. La formation d’une nouvelle équipe se heurte désormais à des dynamiques de succession et des équilibres internes difficiles à stabiliser.