- Le gouvernement de RDC a suspendu onze universités publiques de l’Est, une décision rejetée par les rebelles de l’AFC/M23.
- Kinshasa a également gelé les salaires de 48 agents accusés de collaborer avec le mouvement rebelle.
- En attendant l’application de l’accord de Doha, l’AFC/M23 continue de lever des taxes et de gérer des services administratifs.
Une suspension contestée d’établissements d’enseignement supérieur

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a ordonné la suspension des activités de onze établissements publics situés à Goma et Bukavu, dans l’est du pays. Kinshasa a parallèlement gelé les salaires de quarante-huit personnels administratifs et académiques, accusés d’avoir prêté allégeance ou accepté des fonctions sous l’autorité de l’Alliance fleuve Congo (AFC), la coalition associée à la rébellion du M23. En réponse, le mouvement rebelle a qualifié cette décision de nulle et a invité les universités concernées à poursuivre normalement leurs cours. La direction de l’AFC/M23 s’est engagée à prendre en charge financièrement les agents touchés par la suspension de salaire décidée par l’État.
Un conflit de souveraineté dans l’est de la RDC
Cette confrontation illustre la lutte d’influence directe que se livrent les deux parties sur le terrain, où l’administration rebelle se substitue progressivement aux services de l’État. Dans les zones qu’il contrôle, le groupe armé perçoit des taxes mensuelles auprès des ménages, nomme des magistrats et gère le foncier national. Bien que l’accord-cadre de Doha prévoie le rétablissement complet de l’autorité étatique, les modalités concrètes et le calendrier de cette réinstallation restent à négocier. En l’absence d’un protocole d’application finalisé, Kinshasa et la rébellion continuent de diffuser des instructions concurrentes aux mêmes institutions.