- L’ancien premier ministre Édouard Balladur est décédé le lundi 31 août 2026 à l’âge de 97 ans, a annoncé sa famille.
- Il a dirigé le gouvernement de 1993 à 1995 sous la présidence de François Mitterrand lors de la deuxième cohabitation.
- Sa carrière a été marquée par sa rivalité avec Jacques Chirac lors de l’élection présidentielle de 1995.
La disparition d’un homme d’État

L’ancien premier ministre Édouard Balladur s’est éteint le lundi 31 août 2026 à Paris, à l’âge de 97 ans, comme l’a annoncé officiellement sa famille. Ses proches ont précisé dans un communiqué qu’une messe serait célébrée prochainement dans la plus stricte intimité familiale pour lui rendre un dernier hommage. Cette disparition marque la fin d’un parcours politique d’une exceptionnelle longévité, ayant profondément structuré la droite républicaine française sur plusieurs décennies. Salué par ses pairs comme un collaborateur rigoureux et un grand homme d’État, il laisse derrière lui l’image d’un serviteur exigeant de la vie publique nationale, respecté pour sa méthode et son sens des institutions.
Du pouvoir partagé à la rupture de 1995
Dernier chef de gouvernement du second septennat de François Mitterrand, Édouard Balladur a dirigé la France entre 1993 et 1995 dans le cadre d’une cohabitation particulièrement complexe et scrutée. Cette période à Matignon, marquée par d’importantes réformes, devait initialement servir de tremplin vers le sommet de l’État pour l’élection présidentielle de 1995. Cependant, cette ambition s’est heurtée à des rivalités fratricides. Sa candidature à l’élection présidentielle de 1995 a provoqué une rupture historique avec Jacques Chirac, son ancien complice politique, scellant l’échec définitif de ses ambitions élyséennes. Cette campagne féroce au sein de la droite a mis un terme à leur amitié de trente ans et a durablement redéfini les équilibres politiques de sa famille de pensée.
Une vie de responsabilités et de crises nationales
Au cours de sa longue carrière, Édouard Balladur a occupé des postes stratégiques lors de moments charnières de l’histoire contemporaine de la France. Il s’était lui-même confié sur les quatre périodes les plus complexes de sa vie publique : les événements de mai 1968, ses fonctions clés à l’Élysée sous la présidence de Georges Pompidou entre 1973 et 1974, sa direction du ministère de l’Économie et des Finances de 1986 à 1988, puis son passage à Matignon. À chaque étape majeure de son parcours de pouvoir, il a assumé des responsabilités décisives pour le redressement économique et la gestion des crises institutionnelles du pays. Sa méthode, caractérisée par une grande liberté d’action et une rigueur technique exigeante, a marqué de son empreinte la vie politique de la fin du XXe siècle.