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- L’ancien Premier ministre Édouard Balladur est décédé à Paris à l’âge de 97 ans.
- Nommé à Matignon en 1993, il s’était porté candidat à l’élection présidentielle de 1995 face à son rival Jacques Chirac.
- Éliminé au premier tour avec 18,58 % des suffrages, son échec a mis un terme à ses ambitions élyséennes.
- Soupçonné de financement occulte de sa campagne, il avait été relaxé par la Cour de justice de la République en 2021.
Le passage à Matignon et l’affirmation d’une stature présidentielle

Après la défaite de la droite aux législatives de 1988 et la réélection de François Mitterrand, l’opposition prend sa revanche en 1993 lors d’un nouveau scrutin législatif. Pour éviter de s’user prématurément avant l’élection présidentielle de 1995, Jacques Chirac décline le poste de Premier ministre et favorise la nomination de son allié de longue date, Édouard Balladur. À Matignon, ce dernier impose rapidement un style caractérisé par sa gravité, son élégance et une forte popularité. Entouré de futures figures de la droite telles que Nicolas Sarkozy ou François Fillon, et soutenu par des poids lourds comme Charles Pasqua et Simone Veil, le chef du gouvernement prend de l’envergure. Fort de sondages très favorables, Édouard Balladur décide de se lancer dans la course présidentielle en janvier 1995, rompant ainsi son alliance historique avec le maire de Paris.
Une campagne féroce et une élimination au premier tour
Initialement donné grand favori des intentions de vote, le Premier ministre voit sa campagne s’essouffler face à la dynamique de Jacques Chirac. Privé du soutien officiel du parti gaulliste, resté fidèle à son fondateur, Édouard Balladur mène une campagne de plus en plus difficile. Le verdict des urnes, le 23 avril 1995, est sans appel. Le socialiste Lionel Jospin vire en tête du premier tour avec 23,30 % des voix, devant Jacques Chirac qui réunit 20,84 % des suffrages. Éliminé en troisième position avec seulement 18,58 % des voix, cette défaite électorale marque la fin définitive des ambitions nationales d’Édouard Balladur.
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« Je vous demande de vous arrêter » : une formule historique
Le soir de son élimination, l’atmosphère est particulièrement lourde au quartier général du candidat malheureux. Alors qu’il s’exprime en direct pour reconnaître sa défaite et appeler à voter pour Jacques Chirac au second tour, Édouard Balladur fait face aux huées et aux sifflets de ses propres partisans mécontents. Visage fermé, il tente de reprendre le contrôle de la salle et lance à deux reprises une injonction restée célèbre : « Je vous demande de vous arrêter ! ». Retransmise à la télévision, cette séquence mémorable est devenue une réplique culte de la vie politique française, reprise ensuite à de nombreuses reprises par les humoristes.
Un retrait politique marqué par les affaires judiciaires
Éloigné du premier plan politique après cet échec, Édouard Balladur a vu ses dernières décennies publiques assombries par des soupçons de financement occulte de sa campagne de 1995. La justice s’est penchée sur de possibles rétrocommissions liées à des contrats d’armement conclus avec le Pakistan. Si son ancien ministre de la Défense, François Léotard, a été condamné à de la prison avec sursis, Édouard Balladur a quant à lui été relaxé en 2021 par la Cour de justice de la République. Son décès à l’âge de 97 ans referme l’un des chapitres les plus marquants des divisions de la droite contemporaine.