- Le 9 septembre 2026, dans le premier numéro de son émission « Le Before », l’animateur Sam Zirah raconte avoir été agressé cet été devant Le Zèbre Bleu, un établissement de la métropole de Montpellier.
- Il dit s’être vu refuser l’entrée par un agent de sécurité au motif qu’il serait « mal habillé », en raison des strass portés sur ses vêtements, alors qu’il rejoignait des amis attablés au restaurant.
- Il affirme avoir été mis à terre contre une voiture après avoir sorti son téléphone pour filmer, et dit avoir remis plusieurs minutes de vidéo aux enquêteurs.
- Il met en cause un homme qui lui aurait montré une carte de police tout en prenant la défense de l’agent de sécurité, et rapporte des propos que des policiers lui auraient tenus sur cet établissement.
- Sam Zirah a porté plainte le lendemain matin. Il qualifie lui-même les faits d’agression homophobe déguisée, en précisant qu’il s’agit de son opinion.
C’est le premier sujet d’une nouvelle émission, et ce n’est pas un hasard. Le 9 septembre 2026, l’animateur et producteur Sam Zirah a consacré l’ouverture du premier numéro du « Before » au récit d’une agression dont il dit avoir été victime cet été, devant un établissement nommé Le Zèbre Bleu. Il le situe à Montpellier ; l’adresse est en réalité à Lattes, commune limitrophe de la métropole montpelliéraine. Le témoignage dure une vingtaine de minutes. Il est précis, daté, et s’accompagne d’images que l’intéressé dit avoir tournées sur place et remises aux enquêteurs. Les faits qu’il rapporte n’ont, à ce stade, fait l’objet d’aucune décision de justice, et les personnes qu’il met en cause bénéficient de la présomption d’innocence.

Un refus d’entrée, et une remarque sur des strass
Sam Zirah explique s’être rendu vers 22 h 30 devant l’établissement, accompagné de sa nièce, pour rejoindre des amis qui dînaient sur place et qui l’avaient invité à boire un verre. Il décrit le lieu comme un restaurant doté d’un patio, et non comme une discothèque. Selon son récit, un agent de sécurité posté à l’entrée lui lance immédiatement, sans un bonjour : « Non, vous, vous ne rentrez pas. » Puis, lorsqu’il insiste en expliquant qu’il retrouve des amis à l’intérieur : « Non, non, moi je fais pas rentrer les gens mal habillés comme toi. »
Interrogé sur ce qui, dans sa tenue, aurait justifié ce refus, il répond que l’agent a désigné les strass de ses vêtements. Il souligne que d’autres clients entraient et sortaient dans des tenues nettement plus décontractées, et insiste sur le fait qu’il s’agissait d’un restaurant sans code vestimentaire affiché. « Je pense que c’est une agression homophobe déguisée, qui ne se dit pas, mais c’est mon avis à moi », déclare-t-il dans la vidéo, en prenant soin de présenter cette qualification comme la sienne.
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Le téléphone sorti, puis les coups
La suite du récit tient en quelques secondes. Sam Zirah dit avoir sorti son téléphone pour appeler l’amie qui l’attendait à l’intérieur, et avoir aussitôt eu le réflexe de filmer. « Le téléphone est une arme », explique-t-il, en décrivant ce geste comme une protection dans une situation où l’on n’est, selon lui, « pas souvent aidé ». C’est à ce moment que la situation dégénère : « Le mec m’a foutu par terre contre une voiture », raconte-t-il. Il précise avoir diffusé dans l’émission quelques secondes d’images floutées, et avoir remis plusieurs minutes d’enregistrement à la police.
Un homme montre une carte de police et défend l’agent de sécurité
C’est le point le plus lourd de son témoignage. Alors que des personnes s’interposent, un homme qu’il prend d’abord pour un second agent de sécurité les sépare, puis prend la défense du videur. Sam Zirah affirme que cet homme a alors sorti discrètement un document de sa veste et lui a déclaré : « Je te le dis, je suis la police. » Il dit lui avoir répondu : « Vous n’êtes même pas en uniforme, vous n’êtes même pas dans l’exercice de vos fonctions, de quoi vous mêlez-vous ? » Cet élément figure, selon lui, dans sa plainte, images et prénom à l’appui.
L’animateur appelle ensuite lui-même la police. Il rapporte s’être d’abord entendu répondre « On ne va pas se déplacer », avant qu’une patrouille n’arrive au bout de cinq minutes. Il décrit un échange « très désagréable » et affirme que les fonctionnaires l’ont dissuadé de diffuser ses images : « Surtout, vous ne mettez pas les images sur internet. » Entre-temps, dit-il, le responsable de l’établissement est sorti ; lorsqu’il lui a annoncé son intention de porter plainte contre l’agent de sécurité, celui-ci aurait répondu « on ne peut pas discuter avec toi, tu vas porter plainte », avant de repartir. « Il me laisse sur le parking », résume Sam Zirah, qui dit ne s’être vu proposer ni assistance ni même un verre d’eau.
Ce que des policiers lui auraient dit au commissariat
Le lendemain matin, Sam Zirah se rend au commissariat pour déposer plainte. Il tient d’abord à distinguer : il dit y avoir rencontré « des super flics », une femme et un homme qui ont visionné les vidéos et pris sa plainte. Selon lui, ces fonctionnaires auraient reconnu l’agent de sécurité et lui auraient indiqué que ce n’était pas la première fois que de « gros problèmes de violence » étaient signalés à son sujet. Il ajoute avoir lui-même consulté les avis publics en ligne sur l’établissement, et y avoir déposé le sien.
Il rapporte ensuite des propos nettement plus graves, qu’il attribue à ces mêmes policiers : « Des policiers m’ont dit : oui, on a plein de gens de la BAC, on a un gros problème avec cet établissement […] et en échange, eh bien, il ferme les yeux. » Sam Zirah prend lui-même ses distances avec cette information : « Je sais que c’est grave ce que je dis […] Je ne dis pas que c’est avéré. » Ces allégations n’ont été confirmées par aucune source officielle, et aucune enquête administrative n’a été rendue publique à ce sujet. Elles sont rapportées ici pour ce qu’elles sont : des propos qu’un témoin dit avoir entendus, et qu’il présente lui-même comme invérifiés.
L’animateur conclut cette séquence en disant vouloir « aller jusqu’au bout » de sa procédure, et précise ne pas le faire seulement pour lui : « je le fais pour les autres ». Il insiste enfin sur une circonstance qui revient plusieurs fois dans son récit : la scène s’est déroulée devant sa nièce.
Un restaurant devenu club le soir, ouvert depuis vingt-sept ans
L’établissement se présente sur son site comme un restaurant situé à Lattes, « un incontournable des nuits montpelliéraines », avec un service jusqu’à minuit et des soirées « afterwork » les jeudis, vendredis, samedis et veilles de jours fériés, de 19 h 30 à 1 heure. La description de Sam Zirah, un restaurant doté d’un patio plutôt qu’une discothèque, correspond donc à l’affichage de la maison, même si l’activité nocturne y est bien réelle. La société qui l’exploite, une SAS immatriculée le 6 septembre 1999, emploie entre vingt et quarante-neuf salariés. L’établissement a annoncé lui-même fêter ses vingt-sept ans le 17 septembre 2026.
Sur sa fiche publique, l’établissement affiche une note de 3,9 sur 5 pour plus de 2 100 avis. Le filtre de mots-clés généré automatiquement par le moteur de recherche fait remonter le terme « vigile » dans une douzaine d’avis. Ce compteur ne dit rien du contenu de ces commentaires, et aucune décision de justice ni aucune procédure administrative publique ne vient étayer un antécédent. Il est mentionné ici parce que Sam Zirah affirme avoir lui aussi consulté ces avis, et y avoir déposé le sien.
L’établissement n’a rien publié depuis la diffusion
C’est un fait vérifiable, et il pèse. La dernière publication du Zèbre Bleu sur son compte public remonte au 9 septembre 2026 à 12 h 02, soit environ cinq heures avant la mise en ligne de la vidéo, à 17 h 01. Il s’agissait d’une annonce de programmation pour les soirées de la semaine. Depuis, aucun communiqué, aucune mise au point, aucune réponse publique. Son site internet ne comporte pas davantage d’actualité sur le sujet.
Nous n’avons trouvé, à la date de publication, aucune communication de la mairie de Lattes, de la préfecture de l’Hérault, du parquet de Montpellier ni de la police nationale sur cette affaire, et aucune confirmation officielle qu’une enquête aurait été ouverte. Le dépôt de plainte repose à ce stade sur le seul témoignage de l’intéressé. Les personnes mises en cause n’ont pas été identifiées publiquement et bénéficient de la présomption d’innocence.
- Le motif du refus fait l’infraction, pas le refus lui-même. Un établissement peut sélectionner sa clientèle et imposer une tenue. Ce qui est interdit, c’est d’écarter quelqu’un en raison d’un critère protégé.
- L’article 225-1 du code pénal range parmi ces critères l’orientation sexuelle, l’identité de genre et l’apparence physique.
- L’article 225-2 punit le refus discriminatoire de fourniture d’un bien ou d’un service de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Peines portées à cinq ans et 75 000 euros lorsque le refus est commis « dans un lieu accueillant du public ou aux fins d’en interdire l’accès ». Une société encourt jusqu’à 375 000 euros.
- Des violences commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre, vraies ou supposées, sont punies de trois ans et 45 000 euros même sans arrêt de travail (article 222-13), et de cinq ans au-delà de huit jours d’incapacité.
- La preuve se fait par faisceau d’indices : vidéos, échanges écrits, attestations de témoins, certificats médicaux, et testing, expressément validé par l’article 225-3-1. Le délit se prescrit par six ans.
Trois pour cent des victimes portent plainte
Le récit de Sam Zirah s’inscrit dans un ensemble que les statistiques publiques documentent mal, faute de plaintes. Le service statistique du ministère de l’Intérieur a recensé 4 900 infractions anti-LGBT+ enregistrées par la police et la gendarmerie en 2025, en hausse de 2 % sur un an, après une progression moyenne de 13 % par an entre 2016 et 2024. Près des deux tiers sont des crimes ou des délits. Les victimes sont à plus de 70 % des hommes, et près de la moitié ont moins de trente ans.
Le chiffre le plus parlant est ailleurs. Selon l’enquête de victimation adossée à ces statistiques, environ 3 % seulement des personnes visées portent plainte. De son côté, l’association SOS Homophobie a recensé 1 771 signalements dans son trentième rapport annuel, publié le 11 mai 2026, et relève que 42 % des agressions physiques rapportées se produisent dans l’espace public. C’est précisément ce que Sam Zirah dit vouloir faire bouger : « je ne le fais pas que pour moi, je le fais pour les autres ».
- antidiscriminations.fr, la plateforme du Défenseur des droits, par tchat ou formulaire.
- 3928, numéro national d’écoute contre les discriminations, du lundi au vendredi de 9 h 30 à 19 h, prix d’un appel local. Service Acceo pour les personnes sourdes et malentendantes.
- Dépôt de plainte au commissariat, en gendarmerie ou directement auprès du procureur de la République. Le Défenseur des droits peut ensuite engager une médiation, une transaction ou une action en justice.
- Conserver les preuves : images, messages, coordonnées des témoins, certificat médical en cas de coups.
Les faits rapportés dans cet article proviennent du témoignage public de Sam Zirah, diffusé le 9 septembre 2026. Ils n’ont fait l’objet d’aucune décision de justice. Les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence. Cet article sera mis à jour si l’établissement, les autorités ou les personnes concernées apportent des éléments nouveaux.