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vendredi 11 septembre 2026
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Planification : le Haut-commissariat trace l’avenir de la France pour 2035 et 2050

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L’essentiel
  • Le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan a officiellement rendu publiques ses projections nationales à long terme baptisées « France 2035, France 2050 ».
  • Élaborés d’octobre 2025 à juin 2026, ces travaux de prospective dessinent une ambition de souveraineté économique et de liberté pour les travailleurs.
  • L’économiste Thomas Grjebine, nommé rapporteur général, a pris la direction scientifique des analyses stratégiques de l’institution le 1er septembre 2026.
  • Les nouveaux critères d’aménagement du territoire suggèrent de privilégier la cohésion des provinces plutôt que la seule rentabilité chronométrique des transports.

Le retour de la planification à la française

En réactivant la réflexion prospective à travers le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, l’État tente de renouer avec une tradition économique qui a fait la grandeur industrielle de la France d’après-guerre, à une époque où le pays maîtrisait pleinement ses leviers de décision. L’exercice « France 2035, France 2050 », mené d’octobre 2025 à juin 2026, s’inscrit explicitement dans la lignée des travaux historiques initiés par Jean Monnet lors de la Reconstruction nationale. À l’époque, le Plan permettait à la nation de fixer des objectifs souverains, de rebâtir ses infrastructures majeures et de mobiliser l’appareil productif français face aux défis géopolitiques. La publication de ce volumineux rapport de prospective marque une volonté de restaurer une vision de long terme face à l’immédiateté stérile et destructrice des marchés globalisés. Ce travail collectif d’envergure, qui a réuni durant de longs mois des décideurs économiques, des représentants de l’administration et des acteurs du monde culturel, ambitionne de dessiner une feuille de route cohérente pour les décennies à venir. Pour les partisans d’une souveraineté économique pleinement retrouvée, cet exercice ne doit pas demeurer un simple catalogue de bonnes intentions technocratiques, mais s’imposer comme le socle d’une véritable politique industrielle et sociale libérée des carcans supranationaux.

Le travail de demain : vers un modèle d’indépendance nationale

Au cœur des premières conclusions de ce rapport prospectif figure un focus thématique majeur dédié aux mutations profondes du marché de l’emploi : « Choisir son travail demain : être plus libres et indépendants, individuellement et collectivement ». Dans un contexte marqué par une crise profonde du sens au travail et par le rejet croissant de modèles managériaux hors sol importés du monde anglo-saxon, cette orientation résonne comme un signal fort pour l’avenir de notre modèle social. La recherche d’une plus grande liberté professionnelle individuelle et collective répond à un besoin d’enracinement et de protection des travailleurs français face aux dérives de la mondialisation sauvage. Plutôt que de subir la précarisation inhérente à l’uberisation de l’économie ou le déclassement des carrières traditionnelles, le rapport explore des pistes novatrices d’émancipation par l’indépendance, la transmission des savoir-faire et l’artisanat moderne. Pour notre ligne éditoriale, valoriser le travail indépendant, protéger les producteurs et libérer l’initiative locale constituent des piliers indispensables pour rebâtir une classe moyenne stable, fière de son identité et protégée de la concurrence déloyale.

Infrastructures de transport : la fin du tout-métropole

Le second volet de cette offensive stratégique s’attaque à la question vitale de l’aménagement du territoire et des infrastructures de transport, à l’occasion d’un grand colloque scientifique dédié à leur évaluation socioéconomique. Trop longtemps, les décisions d’investissement de l’État ont été dictées par la seule règle comptable et financière du « gain de temps », un indicateur technocratique ayant systématiquement favorisé les liaisons à grande vitesse entre les grandes métropoles interconnectées au détriment de nos départements. L’aménagement du territoire national doit impérativement s’affranchir de la seule logique de vitesse financière pour donner la priorité absolue au désenclavement et à la cohésion de nos provinces historiques. En ouvrant le débat sur une évaluation qui dépasse la simple rentabilité chronométrique, le conseil scientifique placé auprès du Haut-commissariat pose enfin les jalons d’une véritable justice territoriale. Pour les communes rurales et les villes moyennes, sacrifiées durant des décennies sur l’autel de la métropolisation et des exigences européennes, cette réorientation représente une opportunité historique de retrouver leur vitalité économique.

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Un économiste rigoureux pour guider l’action publique

Pour orchestrer ces grandes orientations stratégiques et garantir la rigueur de ces projections macroéconomiques, l’institution s’est dotée d’un nouveau pilote scientifique d’envergure. L’économiste Thomas Grjebine a été officiellement nommé rapporteur général du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, prenant ses fonctions le 1er septembre 2026. Ce chercheur rigoureux, spécialiste reconnu des déséquilibres commerciaux, des questions monétaires et des dynamiques de balance courante, aura la lourde responsabilité d’ancrer ces projections d’avenir dans la réalité des équilibres macroéconomiques nationaux. La nomination de l’économiste Thomas Grjebine doit permettre de doter l’appareil d’État d’outils d’analyse scientifiques rigoureux pour guider l’action publique face aux pressions extérieures. Alors que la France se trouve à la croisée des chemins face aux impératifs de réindustrialisation et de souveraineté énergétique, la prospective nationale exige une expertise technique sans faille. Il reste désormais à observer si ces analyses stratégiques sauront s’imposer face aux arbitrages court-termistes de Bercy, souvent contraint par les règles budgétaires de Bruxelles.

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Écrit par
Inès Moreau

Traite les questions de société : justice, éducation, santé publique, travail et faits de société.

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