- Le Rassemblement national affirme qu’aucune puissance étrangère ne doit dicter sa politique à la France.
- Marine Le Pen et Jordan Bardella condamnent fermement la saisie d’actifs de fleurons français comme Auchan en Russie.
- Le mouvement demande l’ouverture d’un débat démocratique sur les modalités et le montant de l’aide financière à Kiev.
L’indépendance nationale au cœur du projet souverainiste

Dans un communiqué publié ce samedi 19 septembre 2026, les deux figures de proue de la droite nationale ont tenu à réaffirmer un principe cardinal de leur doctrine : l’indépendance absolue de la France face aux puissances extérieures. À la suite d’une réunion stratégique à l’Élysée portant sur les crises géopolitiques actuelles, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont déclaré d’une voix commune que la Russie ne saurait « dicter » la ligne politique de Paris. Cette prise de position intervient dans un climat de tensions croissantes, où les tentatives de déstabilisation psychologique et les pressions hybrides se multiplient sur le continent européen. Pour les dirigeants du Rassemblement national, la France doit rester maîtresse de son destin et ne peut céder à aucune forme d’intimidation, qu’elle soit directe ou indirecte, visant à infléchir ses décisions régaliennes ou son positionnement diplomatique.
La condamnation de la prédation économique russe
Au-delà des principes diplomatiques, le communiqué s’attaque frontalement aux mesures de rétorsion économique prises par Moscou. Les chefs de file du mouvement condamnent avec « fermeté » la mise sous tutelle ou la saisie d’actifs appartenant à de grands groupes européens et français encore présents sur le sol russe, à l’instar de Nestlé ou d’Auchan. Ces spoliations sont qualifiées d’actes d’hostilité caractérisés qui lèsent directement les intérêts économiques et stratégiques de la nation française. En défendant ces fleurons industriels et commerciaux, Marine Le Pen et Jordan Bardella rappellent que le patriotisme économique ne s’arrête pas aux frontières de l’Hexagone, mais consiste également à protéger les investissements et les droits des entreprises françaises à l’étranger face à l’arbitraire de régimes étrangers.
Sécurité stratégique et réponse aux menaces hybrides
La question de la sécurité intérieure et de la protection des infrastructures vitales occupe également une place centrale dans cette mise au point. Alors qu’Emmanuel Macron a récemment ordonné la préparation d’un plan de protection face aux attaques dites « hybrides », le Rassemblement national apporte son soutien aux mesures visant à renforcer la résilience de nos réseaux critiques. La France ne peut laisser impunie toute action hostile contre son peuple, ses infrastructures énergétiques ou ses intérêts numériques. Cette reconnaissance de la dégradation de l’environnement sécuritaire montre une volonté de ne pas occulter la réalité des menaces contemporaines, tout en soulignant que la recherche d’une issue diplomatique au conflit ukrainien ne doit en aucun cas être interprétée comme une faiblesse face aux provocations clandestines ou aux cyberattaques orchestrées depuis l’étranger.
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Le soutien à l’Ukraine : un débat démocratique nécessaire
Tout en affichant une ligne de fermeté face à Moscou, le Rassemblement national n’en oublie pas sa fonction de critique de la politique gouvernementale. Marine Le Pen et Jordan Bardella insistent sur le fait que la solidarité internationale ne doit pas se faire au détriment de la transparence budgétaire et de la souveraineté parlementaire. Ils réclament ainsi la tenue d’un véritable débat démocratique sur le niveau et les conditions de l’aide financière massive accordée à l’Ukraine. Pour les cadres du parti, si la défense de la souveraineté des États est un principe louable, elle doit être mise en balance avec les capacités financières de la France et les intérêts directs des Français. Cette exigence de débat vise à répondre aux interrogations d’une partie de l’opinion, à l’image des propos tenus par Louis Aliot début septembre, tout en traçant une ligne rouge entre la discussion politique interne et les pressions illégitimes exercées par des puissances tierces.
Une clarification stratégique à l’aube de 2027
Cette offensive communicationnelle permet également de clarifier la position du mouvement face aux critiques récurrentes de ses adversaires politiques, qui l’accusent régulièrement de complaisance envers le Kremlin. En adoptant ce ton de « fermeté constructive », Marine Le Pen prépare le terrain pour l’élection présidentielle de 2027, s’affirmant comme une figure capable d’incarner l’autorité de l’État sur la scène internationale. L’enjeu est de démontrer que le souverainisme n’est pas un isolement, mais une protection rigoureuse des intérêts nationaux contre toutes les formes d’ingérence. En distinguant la fermeté face aux actes hostiles de la nécessité de maintenir des canaux diplomatiques, le Rassemblement national tente de définir une « troisième voie » gaullienne, loin de l’alignement systématique mais intransigeante sur le respect dû à la France.