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samedi 26 septembre 2026
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Meurtre du rugbyman Aramburu : la cour d’assises inflige de lourdes peines de prison

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Meurtre du rugbyman Aramburu : la cour d'assises inflige de lourdes peines de prison
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L’essentiel
  • La cour d’assises de Paris a condamné Loïk Le Priol à 26 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Federico Martin Aramburu.
  • Son complice Romain Bouvier écope de 19 ans de prison pour tentative de meurtre, la préméditation n’ayant pas été retenue par les juges.
  • La thèse de la légitime défense avancée par les prévenus a été fermement rejetée au vu de la disproportion des tirs.
  • Deux autres accusés, Lyson Rochemir et Anthony Sorrentino, ont été condamnés à trois ans de prison avec sursis partiel ou total pour dissimulation de preuves.

Un verdict sévère rendu par la cour d’assises de Paris

Meurtre du rugbyman Aramburu : la cour d'assises inflige de lourdes peines de prison

Quatre ans et demi après les événements tragiques qui ont coûté la vie à l’ancien rugbyman international Federico Martin Aramburu, la justice a tranché. Vendredi 25 septembre, la cour d’assises de Paris a prononcé une peine de 26 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Loïk Le Priol, reconnu coupable du meurtre du sportif accompli au cœur du 6e arrondissement de la capitale. Son acolyte, Romain Bouvier, a quant à lui été condamné à 19 ans de prison ferme pour tentative de meurtre. Ce dénouement judiciaire vient clore trois semaines d’une audience particulièrement éprouvante, au cours de laquelle la personnalité des deux principaux accusés, âgés respectivement de 32 et 35 ans, a été minutieusement disséquée.

Le verdict s’inscrit dans la lignée quasi exacte des réquisitions énoncées la veille par le ministère public. L’avocat général, Philippe Courroye, avait en effet réclamé des peines de 27 ans de prison contre Loïk Le Priol et de 20 ans contre Romain Bouvier. En écartant la qualification d’assassinat, la cour a néanmoins porté un regard juridique rigoureux sur le déroulement chronologique du drame, estimant que la préméditation ne pouvait être légalement caractérisée, faute de temps suffisant pour mûrir un projet criminel concerté.

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La qualification d’assassinat rejetée au profit du meurtre

Au cœur des débats juridiques figurait la question cruciale de la préméditation, défendue avec véhémence par le ministère public qui évoquait une véritable « chasse à l’homme ». Le président de la cour d’assises, Franck Zientara, a tenu à expliciter le fondement du jugement : la préméditation exige un dessein mûrement réfléchi et un intervalle temporel significatif avant le passage à l’acte. Or, au matin du 19 mars 2022, à peine quinze minutes s’étaient écoulées entre l’altération initiale commise sur la terrasse de la brasserie Mabillon et l’issue fatale sur le boulevard Saint-Germain.

Les magistrats ont jugé ce laps de temps trop court pour que les accusés aient pu établir une concertation criminelle préalable. Cette distinction technique, fondamentale en droit pénal français, ramène ainsi les faits à un meurtre pour Loïk Le Priol et à une tentative de meurtre pour Romain Bouvier. Cette décision illustre la volonté de la cour de s’en tenir strictly à la stricte qualification des faits, refusant d’avaliser la préméditation demandée par l’accusation.

L’argument de la légitime défense catégoriquement rejeté

Au cours des audiences, la ligne de défense de Loïk Le Priol reposait en grande partie sur l’invocation d’un réflexe de survie. Cet ancien militaire avait affirmé avoir fait feu en réaction à ce qu’il percevait comme une menace imminente, invoquant un état de stress post-traumatique décelé en 2015 à la suite d’opérations armées. La cour d’assises a balayé cette explication sans détour, rappelant que la victime de 42 ans était totalement désarmée au moment d’être prise pour cible.

Au total, dix coups de feu ont été tirés par les deux assaillants dans la rue. Romain Bouvier a atteint la victime à deux reprises, prétendant avoir agi dans un mouvement de panique involontaire. Loïk Le Priol, de son côté, a touché l’ancien joueur de Biarritz à quatre reprises, dont trois balles tirées dans le dos alors que la victime s’effondrait. La cour a souligné que la légitime défense n’était nullement caractérisée et que le tireur était mû par une rage narcissique destructrice. L’altération du discernement liée aux traumatismes militaires a également été écartée par les jurés.

Sanctions pour les seconds rôles et émotion de la communauté du rugby

Outre les deux principaux auteurs des coups de feu, la cour d’assises de Paris s’est prononcée sur le sort des deux autres accusés poursuivis pour dissimulation de preuves. Lyson Rochemir, ancienne compagne de Loïk Le Priol, et Anthony Sorrentino ont tous deux écopé de trois ans de prison. Pour Lyson Rochemir, la peine est assortie de 30 mois de sursis, ce qui rejoint le constat formulé par le ministère public qui avait lui-même sollicité son acquittement concernant la complicité initiale. Pour Anthony Sorrentino, la peine de trois ans de prison a été entièrement assortie du sursis simple.

L’issue de ce procès met un terme provisoire à une affaire qui avait profondément secoué le monde du sport international. Les tribunes du tribunal ont vu défiler pendant trois semaines de nombreux proches de Federico Martin Aramburu, vêtus de foulards rouges floqués du numéro 13 et parés des couleurs argentines. L’ancien coéquipier du défunt, Shaun Hegarty, présent lors des faits, a pu témoigner de la brutalité de l’agression. Les condamnés disposent désormais d’un délai légal de dix jours pour interjeter appel du jugement, une faculté également ouverte au parquet général.

Une instrumentalisation politique tenue à distance par les juges

Tout au long de l’instruction puis des débats oraux, l’appartenance passée des accusés au Groupe Union Défense (GUD) · organisation dissoute à l’été 2024 · a suscité de vives controverses et des accusations d’idéologie politique. Même si le caractère raciste du crime n’avait pas été retenu lors de la phase d’instruction, la défense s’était inquiétée d’un risque de politisation du dossier judiciaire. Le président Zientara a résumé l’affaire comme découlant de l’alchimie toxique entre deux individus fascinés par les armes et la violence, ramenant le débat sur le terrain du droit commun.

En concentrant son verdict sur la matérialité des faits et la dangerosité des prévenus, la justice a écarté les débats périphériques. Les sanctions très lourdes prononcées vendredi rappellent la fermeté nécessaire de l’institution judiciaire face à la violence de rue et à l’usage mortel d’armes à feu dans la cité. Il appartient désormais aux parties de déterminer si un second procès d’assises sera sollicité.

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Écrit par
Thomas Rivière

Journaliste sport : football, cyclisme et grands événements, du terrain aux coulisses économiques.

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