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- L’Assemblée nationale a voté à l’unanimité (87 voix pour) le maintien de l’usage des titres-restaurant pour les courses alimentaires en supermarché jusqu’à 25 euros.
- La mesure, initialement dérogatoire pour contrer l’inflation, sera prolongée jusqu’en 2028, date à laquelle la dématérialisation totale du dispositif sera imposée.
- Les restaurateurs, par la voix de l’Umih, s’inquiètent de la transformation du titre en « titre-caddie » au détriment de la restauration traditionnelle.
- Le texte prévoit un cadre pour limiter les commissions prélevées par les émetteurs (Edenred, Swile, Pluxee), dont les frais atteignent actuellement 4 à 5%.
Une extension pérennisée pour soutenir le pouvoir d’achat

Dans un contexte économique marqué par une inflation durable, la représentation nationale a tranché. Lundi 12 octobre, les députés ont voté la prolongation de l’utilisation des tickets-restaurant dans les grandes surfaces. Ce dispositif, qui permet aux 5,5 millions de bénéficiaires français de régler leurs courses alimentaires, a été reconduit à l’unanimité. Il s’agit là d’une réponse directe aux difficultés budgétaires des ménages qui voient, depuis 2022, dans ce titre un complément indispensable à leur pouvoir d’achat.
La grogne des restaurateurs face au « titre-caddie »
Si la mesure est saluée par la Fédération du Commerce et des Distributeurs (FCD), elle suscite une vive opposition de la part des restaurateurs. L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) alerte sur le risque de dénaturation de l’outil originel. Les chiffres sont parlants : entre fin 2022 et mi-2024, la part des dépenses effectuées en grande distribution est passée de 22% à 31%. Pour les professionnels de la restauration, le titre-restaurant risque de se transformer en un simple « titre-caddie » détourné de sa fonction première de pause déjeuner hors domicile.
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Le débat infructueux sur le double plafond
Certains élus, à l’instar de Richard Ramos (MoDem), ont tenté de défendre une distinction claire entre les lieux de restauration et les supermarchés. Une proposition de double plafond · visant à favoriser les établissements de restauration traditionnelle · a toutefois été rejetée. Le député a souligné la détresse de nombreux restaurateurs, arguant que le titre-restaurant doit rester un levier de survie pour ce secteur de proximité. Cette décision confirme la prédominance de la logique de consommation courante sur la préservation du tissu traditionnel des métiers de bouche.
Commission des émetteurs : vers une régulation nécessaire
Un autre point de tension concerne les commissions prélevées par les sociétés émettrices comme Edenred, Swile ou Pluxee. Lorsqu’un salarié utilise son titre, le commerçant doit s’acquitter de frais de commission pouvant s’élever jusqu’à 5%. Cette ponction pèse lourdement sur la rentabilité des restaurateurs, poussant certains à refuser ce moyen de paiement. Rappelons qu’en 2019, l’Autorité de la concurrence avait déjà infligé une amende record de 415 millions d’euros aux émetteurs pour pratiques anticoncurrentielles. Si la loi ouvre la porte à un plafonnement des commissions par décret, aucune mesure chiffrée concrète n’a encore été gravée dans le marbre législatif.
Horizon 2028 : vers une dématérialisation totale
Au-delà du débat sur les usages, le texte dessine la trajectoire numérique du titre-restaurant. La loi impose une dématérialisation complète du dispositif d’ici le 1er janvier 2028. À terme, les titres seront utilisables les dimanches et jours fériés, un assouplissement visant à s’adapter aux nouveaux rythmes de vie des Français. Cette transition numérique signe la fin définitive du support papier historique, né en 1967, au profit d’une gestion entièrement informatisée.