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mardi 20 octobre 2026
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Bourses européennes : l’instabilité politique et budgétaire française inquiète les marchés

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Bourses européennes : l'instabilité politique et budgétaire française inquiète les marchés
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L’essentiel
  • Le CAC 40 est attendu en baisse de 0,36 %, pénalisé par le désordre politique intérieur et les incertitudes sur le budget.
  • Le président de la République a refusé la démission du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez après les violences commises samedi.
  • Les taux de la dette française ont touché ce mois-ci un sommet inédit depuis 2002, creusant l’écart avec l’Allemagne.
  • L’assouplissement des sanctions contre la Russie par Donald Trump détend légèrement les cours du pétrole brut.

Un climat de désordre civil qui pèse sur l’économie nationale

Bourses européennes : l'instabilité politique et budgétaire française inquiète les marchés

L’incertitude politique continue de fragiliser la position économique de la France sur les places financières. Au terme d’un week-end marqué par d’importantes dégradations et des scènes de pillage dans plusieurs grandes villes, les investisseurs affichent une grande prudence en ce début de semaine. La journée de mobilisation de samedi, rassemblant des mouvements syndicaux, des organisations de gauche, des lycéens, des étudiants ainsi que des « gilets jaunes », a de nouveau basculé dans la violence en marge de cortèges initiaux. L’exécutif tente de contenir une double crise politique et sécuritaire alors que la confiance des marchés financiers s’effrite.

Face à la gravité des dérapages urbains, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a présenté sa démission, que le chef de l’État a promptement refusée. Si l’Élysée s’efforce de distinguer les fauteurs de troubles des manifestants porteurs de revendications financières, la gestion de cette agitation reste critique. Une cellule de crise, sous la direction du Premier ministre Sébastien Lecornu, a été convoquée ce lundi pour faire un point complet sur la situation. Cependant, cette résurgence du désordre civil intervient au moment le plus inopportun pour le gouvernement, alors que les débats sur le projet de loi de finances battent leur plein au Parlement.

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Taux souverains et dette publique : un écart inquiétant avec Berlin

L’instabilité dans les rues de la capitale et des grandes métropoles ne fait qu’aggraver la nervosité des acteurs économiques à l’égard des finances publiques de la deuxième économie de la zone euro. La trajectoire budgétaire de la France, déjà sous forte surveillance, alimente la méfiance des créanciers. Le rendement des obligations souveraines françaises a atteint ce mois-ci des niveaux oubliés depuis 2002. Cet alourdissement du coût de la dette s’est traduit par un élargissement très net du spread, c’est-à-dire l’écart d’intérêt perçu par rapport aux obligations allemandes, toujours considérées comme l’étalon de sécurité en Europe.

Sur le marché des changes, la monnaie unique européenne subit par contrecoup cette crise de confiance institutionnelle. L’euro a cédé 0,1 % pour s’établir à 1,1228 dollar. Selon Kieran Williams, responsable des opérations de change pour l’Asie au sein d’InTouch Capital Markets, les troubles du week-end affectent la devise européenne de manière indirecte, principalement par le canal des obligations d’État françaises. Si la dette souveraine tricolore avait connu un léger répit la semaine passée en jouant temporairement son rôle de valeur refuge face à la volatilité des marchés technologiques mondiaux, la dégradation du climat sécuritaire et politique ravive les risques d’exécution budgétaire.

Secteur technologique et IA : Wall Street et l’Asie sous tension

Au-delà du contexte français, la baisse attendue sur les principales places européennes · avec un recul prévisionnel de 0,17 % pour le Dax à Francfort, 0,04 % pour le FTSE à Londres et 0,09 % pour le Stoxx 600 · s’inscrit dans un mouvement global d’aversion au risque. À la Bourse de New York, la fin de semaine précédente s’est soldée par de lourdes pertes. Le Dow Jones a reculé de 0,34 %, le S&P 500 de 1,09 % et le Nasdaq Composite s’est replié de 2,14 %. Les doutes sur la capacité des géants de l’intelligence artificielle à rentabiliser leurs lourds investissements pèsent lourdement sur Wall Street.

Cette nervosité générale est accentuée par la perspective d’une hausse globale des coûts d’emprunt liée aux pressions inflations persistantes, rendant le remboursement des dettes de ces entreprises de pointe plus incertain. L’opérateur de centres de données CoreWeave a par exemple chuté de 11,9 % sur une seule séance, portant son repli à près de 25 % sur cinq jours. Dans son sillage, Broadcom a perdu 4,5 % et l’indice sectoriel des puces électroniques PHLX a enregistré son huitième jour consécutif de baisse. Cette vague de méfiance a gagné l’Asie, où le Nikkei japonais a concédé 0,86 %. Les investisseurs attendent désormais avec réserve les publications trimestrielles des géants américains Meta et Tesla prévues cette semaine.

Pétrole et Chine : des facteurs d’apaisement pour l’économie mondiale

Quelques éléments de soutien tempèrent néanmoins la morosité sur les marchés mondiaux. Sur le front géopolitique et énergétique, le président américain Donald Trump a annoncé vendredi la levée de plusieurs sanctions et droits de douane visant la Russie, qui avaient été instaurés dans le cadre d’un texte voté le mois dernier. Cette décision américaine laisse entrevoir une hausse des exportations de carburant russe sur le marché mondial, ce qui contribue à détendre les prix du brut. La levée de restrictions visant la Russie par le président américain Donald Trump contribue à détendre les cours du pétrole. Le baril de Brent reflue ainsi de 1,78 % à 107,90 dollars, après avoir touché la barre des 110 dollars en fin de semaine dernière, tandis que le WTI américain s’échange à 99,85 dollars.

Sur le plan macroéconomique, la Chine apporte une note d’optimisme mesuré. L’économie chinoise a accéléré au troisième trimestre à un rythme supérieur aux prévisions des analystes. Ces données solides réduisent la nécessité pour Pékin d’injecter en urgence de nouvelles mesures de relance budgétaire pour atteindre son objectif de croissance annuelle. Sur les marchés chinois, le CSI 300 a grignoté 0,04 % et l’indice de Shanghaï a progressé de 0,2 %, tandis que le yuan s’est apprécié face au billet vert pour atteindre son niveau le plus élevé depuis plus de quatre ans.

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