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- Adjugée à 50 millions d’euros chez Sotheby’s à Paris, la toile « Iris » devient l’œuvre la plus chère vendue aux enchères en France.
- Réalisée entre 1924 et 1925 à Giverny, cette huile sur toile appartenait à la collection privée de la famille Schlumberger.
- La vente a donné lieu à une intense bataille d’enchères par téléphone durant près de 45 minutes.
- Trois autres toiles du maître impressionniste ont été cédées lors de la même session, dont « Saule pleureur » pour 9,6 millions d’euros.
Un sommet historique pour le marché de l’art parisien

La capitale française confirme son rôle majeur sur la scène artistique internationale à l’occasion d’une vente aux enchères historique. Ce jeudi 22 octobre, la maison Sotheby’s à Paris a été le théâtre d’une tension exceptionnelle lors de la mise aux enchères du tableau « Iris », peint par Claude Monet à la fin de sa vie. Durant près de trois quarts d’heure, les acheteurs se sont affrontés au téléphone pour acquérir ce chef-d’œuvre de l’impressionnisme, dont la valeur de départ était estimée entre 22 et 30 millions d’euros. Il s’agissait déjà de la plus haute estimation jamais attribuée à une peinture présentée lors d’une vente publique dans l’Hexagone.
Ce résultat de 50 millions d’euros frais inclus établit un record absolu pour une œuvre d’art vendue aux enchères en France. L’envolée des enchères au-delà des estimations initiales témoigne de la vitalité de la place parisienne et de l’attrait indémodable exercé par les grands maîtres de la peinture française sur les collectionneurs du monde entier.
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L’histoire d’un trésor préservé des regards publics
La valeur exceptionnelle de cette toile tient autant à sa qualité plastique qu’à son parcours singulier. Mesurant environ 160 x 190 cm, l’œuvre se présente sur sa toile d’origine et dans un état de conservation parfait, n’ayant subi aucune dégradation depuis sa création. Peinte entre 1924 et 1925 dans le cadre enchanteur du jardin de Giverny, la composition est d’abord restée dans le cercle familial en étant transmise au fils de l’artiste, Michel Monet. Elle est ensuite passée par la galerie de Katia Granoff avant d’être acquise par la collectionneuse française Jeanne Schlumberger (1889-1983).
Conservée dans le secret d’un hôtel particulier parisien puis au sein de la collection de la famille Schlumberger, l’œuvre n’avait jamais été exposée au grand public. Cette première présentation sur le marché en faisait une pièce particulièrement convoitée par les amateurs d’art avertis.
Une vision révolutionnaire de la nature à Giverny
Bien que Claude Monet soit universellement célébré pour ses séries consacrées aux nymphéas, l’artiste n’a accordé qu’une place restreinte aux iris dans son corpus tardif. Son catalogue raisonné ne compte en effet que vingt tableaux consacrés à ce motif entre 1914 et 1925. Plus rare encore, parmi les œuvres exécutées dans les années 1920, trois seulement adoptent le format paysage. Deux d’entre elles appartiennent déjà aux collections nationales du musée Marmottan-Monet à Paris ; la troisième est celle qui a suscité l’engouement de cette vente d’exception.
Dans ce tableau magistral, le peintre adopte un point de vue novateur où le regard se perd dans le reflet de l’eau sans aucun repère d’horizon. L’historienne de l’impressionnisme Marianne Mathieu souligne la singularité de la démarche du peintre : placé très bas sur la berge, Monet propose une vision fragmentaire où les touches de bleu, de gris et de blanc confondent le ciel et son reflet. Les feuilles d’iris viennent troubler la surface aquatique, offrant une saisie du monde délibérément partielle mais d’une force évocatrice absolue.
La pérennité du patrimoine et de la peinture française
Le succès de cette session d’enchères ne s’est pas limité à cette seule pièce maîtresse. Lors de la même journée, trois autres huiles sur toile de Claude Monet ont trouvé preneur, illustrant la cote élevée des œuvres créées sur les bords de Seine. Le tableau « Saule pleureur » a été adjugé pour la somme de 9,6 millions d’euros, tandis que « La Seine à Vernon » a atteint 4,2 millions d’euros.
La dispersion de ces chefs-d’œuvre démontre l’intérêt constant pour l’école impressionniste, symbole du génie pictural et du rayonnement culturel de la France. Ces transactions spectaculaires rappellent que les grandes signatures de l’art national demeurent des valeurs refuges et des objets de fascination universels.