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- Publication de la cinquième édition de « L’Avenir en commun » comportant 1 069 mesures.
- L’écologie radicale devient le pilier central du projet sous le nouveau slogan de la « Nouvelle France ».
- Maintien des marqueurs sociaux forts dont le Smic à 1 700 euros net et la retraite à 60 ans.
- Projet de restructuration territoriale profonde via la création d’« écorégions » basées sur les ressources naturelles.
Une mutation stratégique sous le signe de la « Nouvelle France »

À l’approche de l’échéance présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise (LFI) entendent reprendre l’initiative politique en dévoilant, dès ce mois de novembre 2026, la nouvelle mouture de leur socle programmatique. Intitulé « L’Avenir en commun », cet ouvrage de 212 pages, qui s’est imposé au fil des cycles électoraux comme la colonne vertébrale du mouvement, propose désormais 1 069 mesures, dont 238 sont totalement inédites. Ce document, vendu au prix de 4,90 euros, ne se veut pas seulement un catalogue technique mais le manifeste d’un nouveau récit national. Le concept d’« union populaire », qui avait prévalu lors de la campagne de 2022, s’efface ainsi au profit de la « Nouvelle France », une sémantique qui cherche à élargir l’assise électorale du tribun insoumis tout en actant une rupture avec les cadres traditionnels de la Ve République. Ce changement de paradigme intervient alors que le paysage politique français reste fragmenté et que la gauche radicale cherche à s’imposer face à une droite nationale consolidée et un bloc central en quête de second souffle.
L’écologie comme outil de planification et de souveraineté
Le fait majeur de cette édition réside dans le basculement hiérarchique des priorités : la « bifurcation écologique » n’est plus un chapitre parmi d’autres, mais la porte d’entrée principale du programme. Sous la coordination des députés Clémence Guetté et Hadrien Clouet, le projet propose une intégration de la contrainte environnementale au cœur même des institutions. Les insoumis souhaitent inscrire dans la Constitution une « règle verte » ainsi qu’une « règle bleue », interdisant de prélever sur la nature plus de ressources qu’elle ne peut en régénérer. Cette vision repose sur une planification stricte de l’économie, orchestrée par un nouveau conseil dédié, visant notamment à superviser la relocalisation des productions jugées essentielles à la nation. Sur le plan énergétique, si l’objectif de sortie du nucléaire demeure, l’échéance pour atteindre 100 % d’énergies renouvelables est désormais fixée à 2060, un report notable par rapport aux précédentes promesses qui misaient sur 2050, illustrant une forme de pragmatisme contraint par les réalités industrielles françaises.
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La remise en cause des structures territoriales et républicaines
LFI pousse la logique environnementale jusqu’à proposer une refonte radicale de la géographie administrative française. Le programme introduit l’idée d’« écorégions », un découpage territorial qui ne suivrait plus les limites historiques ou administratives actuelles, mais les bassins versants, les massifs montagneux et les façades maritimes. Ce projet, perçu par ses détracteurs comme une menace pour l’unité et la continuité historique des départements et régions, s’accompagne d’une volonté inébranlable de passer à une VIe République. Le mouvement entend convoquer une assemblée constituante par référendum pour refonder les institutions, tout en abaissant le droit de vote à 16 ans et en instaurant le vote obligatoire. Cette volonté de transformation institutionnelle est complétée par une dimension internationale audacieuse, avec la proposition de créer un tribunal international de justice climatique et une organisation mondiale de l’environnement, témoignant d’une ambition de projeter le modèle insoumis au-delà des frontières de l’Hexagone.
Un radicalisme économique assumé face aux enjeux de demain
Malgré ce virage vert, les fondamentaux économiques qui ont fait le succès de Jean-Luc Mélenchon auprès de l’électorat populaire sont maintenus. Le passage du Smic à 1 700 euros net, le blocage des prix des produits de première nécessité et le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) figurent toujours en bonne place. Sur le dossier brûlant des retraites, la formation politique promet l’abrogation des réformes précédentes pour revenir, à terme, à un droit au départ à 60 ans avec 40 annuités de cotisation. Le programme investit également de nouveaux champs technologiques et sociétaux, avec la création d’une autorité de régulation de l’intelligence artificielle et un plan massif d’un milliard d’euros pour la lutte contre le racisme. En structurant ainsi son offre politique très tôt, Jean-Luc Mélenchon cherche à saturer l’espace médiatique et à contraindre ses partenaires de gauche à se positionner par rapport à sa vision, tout en se posant en défenseur d’un État stratège face aux défis du siècle.