p>Soixante ans après que Marco Bellocchio ait dynamité les conventions du cinéma italien avec « Les Poings dans les poches », le réalisateur brésilien Karim Aïnouz, lauréat à Cannes et reconnu pour son regard incisif, s’apprête à dévoiler sa propre interprétation de ce chef-d’œuvre subversif. « Rosebush Pruning », porté par un casting éclectique et talentueux incluant Elle Fanning, Callum Turner, Riley Keough et, de manière des plus intrigantes, Pamela Anderson, s’annonce comme une pièce maîtresse de la Berlinale 2026. Ce n’est pas seulement un remake, mais une résonance contemporaine d’un drame familial incandescent, promettant de captiver et de provoquer comme son illustre prédécesseur. « La Revue » décrypte les raisons d’un tel engouement.

En 1965, Marco Bellocchio, alors jeune cinéaste, éclate sur la scène internationale avec « Les Poings dans les poches » (I pugni in tasca). Ce film, d’une audace et d’une violence psychologique rares pour l’époque, dépeint l’asphyxie d’une famille bourgeoise italienne recluse et gangrenée par la folie. Au cœur de cette cellule dysfonctionnelle, le jeune Alessandro, épileptique et rongé par l’ennui, élabore un projet morbide pour libérer sa fratrie et sa mère aveugle de leur existence stérile. Loin des élégances néoréalistes, Bellocchio livre un manifeste antiautoritaire, une charge brutale contre les institutions – la famille, la religion, la société – qui étouffent l’individu.
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