- Un avion de chasse F-16 roumain a détruit un drone maritime chargé d’explosifs à proximité du projet gazier offshore Neptun Deep.
- Les autorités roumaines, par la voix du président Nicusor Dan, attribuent la responsabilité de cette intrusion à la Fédération de Russie.
- La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dénonce une campagne de « guerre hybride » visant à déstabiliser l’Union.
- En parallèle, les débris d’un autre appareil se sont écrasés dans l’est du pays, près de Grindu, après des frappes russes en Ukraine.
Une interception sensible en mer Noire
Jeudi matin, la tension est montée d’un cran au large des côtes roumaines. Un drone maritime chargé d’explosifs a été détecté à 6h28 par un bâtiment commercial, alors qu’il naviguait à environ 80 milles marins à l’est de la ville portuaire de Constanta. Face au danger imminent, l’armée de l’air roumaine a dépêché deux avions de chasse F-16 sur les lieux. L’un des appareils a neutralisé l’engin sans équipage, qui se situait à seulement quelques centaines de mètres des installations du projet gazier offshore Neptun Deep. Cette intervention rapide a permis d’écarter une menace directe contre une infrastructure énergétique majeure de la région. Selon les autorités roumaines, la mise en service de ce gisement de grande envergure, où travaillent actuellement plusieurs centaines d’employés, demeure programmée pour l’année 2027.
Bucarest dénonce des actes irresponsables
L’origine de l’appareil ne fait aucun doute pour le gouvernement roumain, qui exclut toute provenance ukrainienne pour ce drone chargé de matériel offensif. Le ministre de la Défense, Radu Miruta, a publiquement confirmé ces éléments sur les réseaux sociaux. De son côté, le président roumain Nicusor Dan a fermement condamné ce qu’il qualifie d’escalade irresponsable de la part de la Fédération de Russie. Le chef de l’État a salué une véritable course contre la montre pour préserver la vie des personnels civils présents sur la plateforme offshore. Cet incident s’inscrit dans un climat de surveillance de plus en plus stricte, alors que la Roumanie, pays membre de l’Otan frontalier de l’Ukraine, fait face à de nombreuses incursions russes à ses frontières.
Une stratégie de guerre hybride dénoncée par Bruxelles
Cette nouvelle provocation a suscité une vive réaction à l’échelle européenne. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a fermement condamné cette opération, y voyant l’illustration d’une campagne de « guerre hybride » menée par Moscou à l’encontre de l’Union. Selon elle, ces manœuvres d’intimidation croissantes cherchent avant tout à semer l’inquiétude parmi les citoyens européens et à fracturer la cohésion des Vingt-Sept. Face à cette déstabilisation, la dirigeante européenne appelle à un renforcement significatif des capacités de défense communes pour dissuader les agressions extérieures. Les pays d’Europe de l’Est font en effet face à une multiplication des incursions aériennes non autorisées ces derniers mois, l’Otan ayant déjà dû neutraliser quatre drones en Roumanie récemment.
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Des débris de drone retrouvés sur le sol roumain
En marge de l’incident maritime, les autorités de Bucarest ont également signalé un autre événement survenu sur la terre ferme. Les débris d’un drone se sont écrasés dans une zone non habitée à quatre kilomètres au nord-est de la localité de Grindu, située dans l’est du pays. D’après les premières analyses, cette chute fait suite à des bombardements intensifs menés par l’armée russe contre le territoire ukrainien voisin. Bien qu’aucune victime ne soit à déplorer à la suite de cet impact terrestre, la répétition de ces événements accentue la pression sur la sécurité frontalière de la Roumanie. Cet enchaînement d’incidents illustre les répercussions directes et répétées du conflit russo-ukrainien sur les pays limitrophes de l’Alliance atlantique.