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jeudi 10 septembre 2026
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Le gouvernement simplifie la reprise d’entreprises par les salariés

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Le gouvernement simplifie la reprise d'entreprises par les salariés
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L’essentiel
  • D’ici à 2030, près de 370 000 entreprises devront être cédées en France, principalement en raison de départs à la retraite.
  • Le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre des PME Serge Papin portent un projet d’allègement fiscal baptisé « pacte Papin ».
  • Le plan prévoit un abattement de un million d’euros sur les plus-values de cession et une baisse des droits d’enregistrement.
  • Les repreneurs saluent ces annonces mais pointent la frilosité des établissements bancaires face aux projets coopératifs.

Le défi démographique et patriotique de la transmission des PME

Le gouvernement simplifie la reprise d'entreprises par les salariés

La France fait face à un véritable mur démographique qui menace directement la pérennité de son tissu économique et la souveraineté de ses territoires. D’ici à l’horizon 2030, les données démographiques révèlent que près de 370 000 entreprises devront changer de main sur l’ensemble du territoire national. Cette situation critique s’explique principalement par le départ à la retraite d’une génération entière de dirigeants, les « baby-boomers », souvent confrontés à l’absence de repreneur familial direct ou de repreneur tiers viable. Pour notre économie souveraine, le risque de voir ces structures, qui constituent le cœur battant de nos régions, disparaître ou être purement et simplement liquidées est immense. Face à ce péril qui menace l’indépendance productive du pays, le gouvernement dirigé par Sébastien Lecornu tente d’apporter une réponse pragmatique. L’objectif affiché est de faciliter la reprise de ces structures par ceux qui les connaissent le mieux et les font vivre au quotidien : leurs propres collaborateurs. Cette stratégie vise à sécuriser le patrimoine entrepreneurial français en évitant que des savoir-faire historiques ne se perdent ou ne soient captés par des prédateurs financiers étrangers.

Le « pacte Papin » : un arsenal de baisses d’impôts pour les cédants et repreneurs

Pour orchestrer ce sauvetage industriel et artisanal, le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, Serge Papin, a conçu un dispositif fiscal particulièrement incitatif baptisé le « pacte Papin ». Ce projet de réforme, activement soutenu par Matignon, repose sur trois piliers fiscaux majeurs destinés à alléger drastiquement le coût global des transmissions d’actifs. En premier lieu, l’exécutif prévoit de réduire significativement les droits d’enregistrement payés par les acquéreurs salariés, réduisant ainsi l’apport matériel initial requis. Deuxièmement, pour inciter les patrons fondateurs à passer sereinement le témoin, l’abattement fiscal sur la plus-value de cession pour les dirigeants prenant leur retraite sera rehaussé à un million d’euros. Enfin, la réforme apporte une souplesse de trésorerie bienvenue en permettant au cédant d’étaler le paiement de son propre impôt sur les plus-values lorsqu’il choisit de consentir un crédit-vendeur à ses repreneurs. Ces mesures de bon sens fiscal visent à libérer l’initiative privée en limitant la fiscalité confiscatoire de l’État qui décourage trop souvent la continuité de nos entreprises.

Préserver l’emploi et le capital historique des territoires

Sur le terrain, cette orientation suscite une réelle lueur d’espoir chez les chefs d’entreprise qui voient approcher l’heure de la retraite avec la hantise d’assister à la mort de leur structure. C’est le cas de Valérie, qui dirige depuis 35 ans une agence de communication de proximité et qui s’apprête à passer la main l’année prochaine. Pour cette entrepreneuse attachée à ses racines, transmettre son entreprise à ses salariés s’impose comme la solution la plus éthique, garantissant le respect de l’identité et de l’histoire de la marque. Elle considère que l’aide fiscale promise par le « pacte Papin » agira comme un puissant accélérateur pour inciter les salariés à franchir le pas de l’actionnariat. La transmission interne aux équipes permet non seulement de préserver des emplois non délocalisables, mais aussi de maintenir la cohésion sociale et la valeur économique au sein des bassins d’emploi locaux. C’est une réponse concrète au déracinement économique trop souvent provoqué par la mondialisation de l’économie de marché.

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Le modèle coopératif face à la frilosité du système bancaire

La réussite de ces opérations dépend toutefois d’un parcours du combattant juridique et financier pour les salariés désireux de s’unir pour racheter leur outil de travail. Beaucoup optent pour la formule de la Société coopérative et participative (Scop), un modèle de gouvernance où les salariés détiennent la majorité du capital et des droits de vote, réhabilitant ainsi la valeur travail au détriment du pur capitalisme spéculatif. C’est le choix fait par Cédric, un cadre du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) près d’Angers, qui s’apprête à prendre la direction générale de son entreprise à la fin du mois d’octobre. Si les baisses de taxes annoncées par le gouvernement lui apportent une marge de manœuvre précieuse pour investir dans du matériel neuf, il dénonce la frilosité du système bancaire traditionnel. Les établissements de crédit français se montrent encore trop souvent réticents face à des modèles d’actionnariat salarié, préférant la sécurité illusoire de grands fonds d’investissement étrangers. Pour que ce plan gouvernemental devienne une réalité tangible, une prise de conscience des banques de détail est désormais impérative.

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Écrit par
Nadia Belkacem

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