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jeudi 10 septembre 2026
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Souveraineté économique : le gouvernement présente son plan pour faciliter les reprises d’entreprises par les salariés

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Souveraineté économique : le gouvernement présente son plan pour faciliter les reprises d'entreprises par les salariés
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L’essentiel
  • Le ministre des PME, Serge Papin, présente un projet de loi de transmission d’entreprises calqué sur le modèle protecteur du pacte Dutreil.
  • La mesure phare prévoit l’effondrement des droits d’enregistrement, qui passeraient de 3 % à 0,1 % pour les repreneurs salariés.
  • Un dispositif de suramortissement fiscal de 30 % à 60 % est créé pour soutenir l’achat d’équipements industriels et productifs.
  • L’exécutif ambitionne de doubler le nombre de reprises pour atteindre 13 000 transmissions par an afin de préserver l’ancrage territorial de nos PME.

Le défi crucial de la transmission du patrimoine entrepreneurial français

Souveraineté économique : le gouvernement présente son plan pour faciliter les reprises d'entreprises par les salariés

La pérennité de notre tissu économique national, composé de PME profondément enracinées dans nos provinces, fait face à un défi démographique sans précédent. Dans les années à venir, plusieurs dizaines de milliers d’entreprises françaises devront changer de main en raison du départ à la retraite de leurs dirigeants. Afin de conjurer le risque de fermetures d’usines ou de rachats par des acteurs étrangers spéculatifs, le gouvernement a dévoilé les contours d’un nouveau dispositif d’accompagnement pragmatique. Baptisé « pacte Papin », du nom du ministre des PME Serge Papin, ce projet de loi aspire à sanctuariser l’outil de travail national en facilitant sa reprise directe par les salariés.

Ce mécanisme novateur s’inspire directement du célèbre pacte Dutreil, qui allège le coût des transmissions familiales. Le pacte Papin cible spécifiquement les collaborateurs désireux de s’associer pour racheter leur entreprise. Le ministre a détaillé une stratégie articulée autour d’une « fusée à trois étages », mêlant incitations fiscales, baisse des taxes de mutation et avantages pour les dirigeants cédants. L’objectif est de doubler le volume de ces reprises, qui stagne aujourd’hui aux alentours de 6 500 transactions annuelles, afin de préserver l’emploi et de protéger nos savoir-faire face à la concurrence internationale.

Un choc de compétitivité par le suramortissement fiscal

Le premier pilier de cette réforme d’ampleur repose sur un soutien massif à l’investissement pour les entreprises nouvellement reprises, garantissant ainsi leur compétitivité immédiate. Le gouvernement souhaite instaurer un mécanisme de suramortissement pour l’acquisition de matériel de production. Concrètement, lorsqu’une entreprise investira dans de nouvelles machines-outils, dont l’amortissement comptable classique bénéficie déjà d’une déduction fiscale, elle pourra prétendre à un allègement supplémentaire. Cette déduction complémentaire s’élèvera à 30 % de la valeur des équipements acquis.

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Pour les très petites entreprises comptant moins de dix salariés, qui forment le cœur de notre artisanat et de notre petite industrie locale, ce taux de suramortissement grimpera jusqu’à 60 % de la valeur du matériel de production. Ce dispositif cible directement la modernisation de nos PME, permettant aux repreneurs de ne pas sacrifier leur trésorerie et d’investir immédiatement dans l’appareil productif national sans subir une charge fiscale écrasante dès le démarrage.

La suppression quasi totale des droits d’enregistrement

Le deuxième étage de la réforme s’attaque à la fiscalité confiscatoire qui décourage trop souvent la transmission d’entreprises à ceux qui y travaillent. Actuellement, la reprise d’une société est lourdement pénalisée par les droits d’enregistrement, l’équivalent des frais de notaire pour les particuliers. Ces droits de mutation, fixés à un taux de 3 %, représentent une charge financière initiale considérable qui ampute la trésorerie de départ de la nouvelle structure. Pour libérer les énergies productives, le pacte Papin prévoit de faire quasiment disparaître ces droits de mutation en les abaissant à 0,1 %.

Cette baisse drastique de la fiscalité s’appliquera de manière large. Elle concernera aussi bien les démarches entreprises par des personnes physiques à titre individuel que par des personnes morales, notamment si plusieurs collaborateurs décident de s’associer pour racheter collectivement leur outil de travail. Cette mesure pragmatique élimine une barrière financière majeure, facilitant l’accès des classes moyennes et des salariés à la propriété de leur outil de production.

Des incitations fiscales inédites pour les dirigeants cédants

Pour qu’une transmission de compétences et d’actifs réussisse, l’accord et la bonne volonté du chef d’entreprise sortant sont indispensables. C’est pourquoi le troisième volet s’attache à récompenser les patrons qui choisissent la transmission interne plutôt que la vente à des fonds tiers. Les cédants se verront proposer un aménagement fiscal avantageux sous la forme d’un étalement du paiement de l’impôt sur la plus-value de cession. Cette facilité fiscale sera toutefois strictement conditionnée à l’octroi d’un crédit vendeur aux repreneurs salariés, incitant ainsi le cédant à soutenir activement ses successeurs.

De surcroît, le projet prévoit d’accompagner favorablement les dirigeants qui transmettent leur entreprise au moment de leur départ à la retraite. Dans cette configuration précise, le pacte Papin doublera l’abattement fiscal existant sur les plus-values de cession. Cette disposition valorise le travail d’une vie en évitant que l’impôt ne vienne spolier le fruit de décennies de création de richesse nationale, tout en favorisant un passage de témoin harmonieux et sécurisé pour l’avenir de l’entreprise.

Une ambition mesurée pour préserver les deniers publics

Face aux dérives de la dépense publique et aux doutes légitimes sur le coût réel des réformes fiscales, le ministère défend une approche budgétaire progressive et responsable. Le coût initial de cette réforme pour les finances de l’État est estimé à quelques dizaines de millions d’euros. Cependant, le ministre des PME a précisé que le coût final dépendrait étroitement du succès réel du dispositif auprès des repreneurs français, assurant ainsi une forme de régulation par l’activité économique réelle.

Cette réforme s’inscrit pleinement dans une philosophie économique de bon sens, qui privilégie la souveraineté locale et la préservation d’outils industriels français précieux face à la mondialisation sauvage. En encourageant l’enracinement territorial de nos PME par l’actionnariat salarié, l’État fait le choix de la stabilité sociale, de la valorisation du travail et de l’indépendance de notre économie nationale.

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Écrit par
Nadia Belkacem

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