- Selon un sondage Ifop-Fiducial de septembre, la popularité du Premier ministre Sébastien Lecornu et de ses principaux ministres enregistre une nette baisse après un été marqué par plusieurs crises.
- Le président de la République Emmanuel Macron stagne à un niveau de rejet élevé, avec près de sept Français sur dix exprimant une mauvaise opinion de lui.
- Parmi les figures politiques, Marine Le Pen progresse, tandis que l’entrepreneur Michel-Édouard Leclerc conserve la tête du classement de popularité.
Un exécutif sanctionné par l’opinion après les crises de l’été
Le retour de vacances s’avère particulièrement difficile pour l’exécutif dirigé par Sébastien Lecornu. Selon le baromètre mensuel Ifop-Fiducial publié en septembre 2026, la cote d’adhésion du Premier ministre et de ses ministres clés est en nette régression. Les citoyens semblent faire payer au gouvernement un été éprouvant, caractérisé par des épisodes caniculaires, de multiples incendies et des accusations récurrentes de manque d’anticipation face aux crises de la rentrée. En première ligne, le chef du gouvernement Sébastien Lecornu subit ce reflux, tout comme le garde des Sceaux Gérald Darmanin, la ministre des Armées Catherine Vautrin, et le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qui enregistrent tous une baisse notable de leur popularité. Face à la colère des Français éprouvés par l’enchaînement des crises estivales, l’équipe gouvernementale entame la rentrée politique fortement affaiblie. Seul le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, parvient à se maintenir à flot, bénéficiant d’une image de haut fonctionnaire rigoureux et travailleur plutôt que de politicien partisan.
Un rejet persistant de l’Élysée et un paysage politique fragmenté
Ce désaveu de l’action ministérielle s’inscrit dans un contexte de méfiance généralisée envers les institutions. Le président de la République Emmanuel Macron ne parvient pas à inverser la tendance : si sa courbe de popularité reste stable, elle se maintient à un étiage très bas, près de sept Français sur dix affirmant avoir une mauvaise opinion du chef de l’État. Cette défiance profite paradoxalement à des figures en dehors du jeu institutionnel direct. C’est le cas du chef d’entreprise Michel-Édouard Leclerc, qui caracole en tête des personnalités préférées des sondés, notamment chez les plus de 65 ans avec 72 % d’opinions favorables, malgré sa récente déclaration écartant toute candidature présidentielle. La méfiance croissante des Français envers le personnel politique traditionnel favorise l’émergence de figures de la société civile ou d’anciens dirigeants. Derrière lui, Dominique de Villepin grimpe à la deuxième place du podium, suivi par Christine Lagarde, tandis que l’ancien président socialiste François Hollande demeure la seule figure de gauche à figurer dans le peloton de tête.
Les dynamiques présidentielles se redessinent pour la droite nationale
Ces nouveaux chiffres bousculent les rapports de force à l’approche des prochaines échéances électorales, révélant des dynamiques contrastées chez les prétendants à l’Élysée. Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu conserve un socle solide et que Gérald Darmanin reste populaire auprès des sympathisants républicains, d’autres figures de l’opposition se renforcent. Marine Le Pen, figure de proue de la droite nationale et souverainiste, voit sa popularité progresser, capitalisant sur le rejet des politiques gouvernementales. À gauche, Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier connaissent également une hausse, tandis que d’autres rivaux potentiels comme Édouard Philippe ou Bruno Retailleau accusent un net recul dans l’opinion publique. Cette rentrée installe une polarisation accrue de l’opinion au détriment du bloc central macroniste, désormais privé de dynamique populaire. Le paysage politique s’en trouve profondément modifié, laissant présager un affrontement de plus en plus direct entre les tenants d’une souveraineté retrouvée et une gauche en embuscade.