- Le président Donald Trump a diffusé sur Truth Social une carte recouvrant le Canada, le Mexique et l’Islande du drapeau américain.
- Le gouvernement d’Islande a officiellement convoqué l’ambassadeur des États-Unis pour protester contre cette publication jugée inappropriée.
- La série de messages inclut des images générées par intelligence artificielle et propose de rebaptiser le Nouveau-Mexique en « Nouvelle-Amérique ».
Une offensive numérique sur les frontières nord-américaines

Au cours du week-end prolongé de la Fête du Travail, Donald Trump a saturé son réseau social Truth Social d’une centaine de publications, dont une carte géographique qui a immédiatement suscité l’émoi international. Le visuel mis en ligne montre l’intégralité de l’Amérique du Nord, le Mexique, les nations des Caraïbes, ainsi que le Groenland et l’Islande, tous recouverts par la bannière étoilée. Cette publication, dépourvue de légende explicative, s’inscrit dans une stratégie de communication directe et sans filtre, caractéristique du candidat républicain. Au-delà de la simple image, Donald Trump a explicitement suggéré de modifier l’identité de certains territoires, proposant notamment de renommer l’État du Nouveau-Mexique en « Nouvelle-Amérique ». Cette démonstration de force symbolique s’inscrit dans une volonté d’affirmer la prééminence des intérêts américains sur l’ensemble du continent et des zones stratégiques de l’Atlantique Nord.
Le recours à l’intelligence artificielle et le précédent du Groenland
L’utilisation massive de l’intelligence artificielle marque un tournant dans cette campagne de communication. Parmi les dizaines de visuels partagés, on retrouve des mises en scène anachroniques ou fantastiques, montrant par exemple Donald Trump recevant George Washington dans le Bureau ovale ou pilotant un vaisseau spatial au-dessus d’une Terre en proie au chaos. Le contexte diplomatique avec le Canada voisin est particulièrement tendu, alors qu’une guerre commerciale oppose Washington à Ottawa. Trump a de nouveau mis en avant l’idée de faire du Canada le 51e État de l’Union, tout en publiant une image de lui-même en joueur de hockey menaçant le premier ministre canadien, Mark Carney. Le président républicain réactive ainsi des dossiers sensibles, comme celui de la souveraineté du Groenland, territoire danois qu’il avait déjà manifesté l’intention d’acquérir lors de son précédent mandat.
Des tensions diplomatiques et une opposition intérieure virulente
Les réactions internationales ne se sont pas fait attendre, l’Islande ayant pris l’initiative d’une protestation formelle. Reykjavik a fait savoir mardi que l’ambassadeur américain avait été convoqué la veille pour se voir signifier le caractère totalement inapproprié de cette cartographie. Sur le plan intérieur, les adversaires démocrates ont immédiatement saisi l’occasion pour dénoncer une dérive de la communication présidentielle. Gavin Newsom, gouverneur de Californie et critique notoire de Donald Trump, a réagi de manière cinglante sur les réseaux sociaux. Ces échanges illustrent la fracture persistante entre une vision souverainiste expansive portée par le camp républicain et une approche plus conventionnelle des relations internationales défendue par l’actuelle administration et ses alliés. Ces publications, bien que virtuelles, forcent les chancelleries étrangères à réagir officiellement face à ce qui est perçu comme une remise en cause graphique de l’ordre territorial établi.