- Seuls 22 % des Français accordent leur confiance à la politique en 2026, un chiffre en baisse de 4 points sur un an.
- La désaffection frappe de plein fouet l’exécutif et le Parlement, le Président tombant à 18 % et l’Assemblée nationale à 20 %.
- Les maires (60 %), les hôpitaux (79 %) et les forces de l’ordre conservent une solide légitimité auprès de la population.
- Une très large majorité exige des mécanismes de démocratie directe, dont le recours accru au référendum (79 %).
Une crise de confiance marquée pour le pouvoir national
Publiée le 9 février 2026, la dix-septième vague du Baromètre de la confiance politique, réalisée par le CEVIPOF et OpinionWay, met en évidence un décrochage sévère entre les citoyens et les institutions centrales. À peine 22 % des sondés déclarent accorder leur confiance à la politique, traduisant un recul de 4 points en un an. Les formations politiques ferment le marchepied des institutions avec seulement 15 % d’opinions favorables. La confiance envers le chef de l’État et l’Assemblée nationale atteint des niveaux historiquement bas, s’établissant respectivement à 18 % (-5 points par rapport à 2025) et 20 % (-4 points), loin des ambitions d’un renouvellement du travail parlementaire.
Un jugement critique sur la gouvernance et le personnel politique
Le regard porté par la population sur la conduite des affaires publiques se montre particulièrement rigoureux. Une immense majorité de 80 % des personnes interrogées estime que l’exécutif navigue à vue, tandis que 88 % jugent que les élus n’assument pas leurs responsabilités en cas d’échec. Ce pessimisme français se détache nettement à l’échelle européenne : 51 % des répondants en France affirment ne pas être fiers de leur système démocratique, contre 40 % en Italie, 34 % en Allemagne et 32 % au Royaume-Uni. De surcroît, seuls 20 % des Français estiment que les décideurs s’efforcent de respecter leurs promesses. Le sentiment d’improvisation et le manque de responsabilité perçu alimentent un doute profond sur l’action publique.
Les acteurs locaux et les services de protection comme refuges
Dans ce contexte de désaffection pour la scène nationale, la confiance se réorganise autour de la proximité et des missions de protection. Les maires préservent leur ancrage en recueillant 60 % d’avis favorables. Les structures publiques garantissant la sécurité et le soin affichent des niveaux de crédibilité élevés : les hôpitaux recueillent 79 % de confiance, suivis de la gendarmerie (77 %), de l’armée (75 %), de la police (73 %) et de la Sécurité sociale (68 %). En revanche, les vecteurs du débat public comme les syndicats (37 %) et les médias (29 %) restent en retrait. Les institutions vouées au soin, à la sécurité et à la vie locale s’imposent comme les principaux piliers de stabilité.
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Une aspiration affirmée pour la démocratie participative
Si la conduite de la politique subit un rejet massif, l’attachement au principe démocratique reste intact et partagé par 82 % des Français. La crise identifiée porte sur l’efficacité des institutions représentatives, incitant les citoyens à réclamer un renouvellement des pratiques. Une écrasante majorité de la population aspire à de nouvelles formes de décision directe et participative. À ce titre, 79 % des sondés souhaitent une utilisation plus fréquente du référendum pour élaborer les lois, 77 % se prononcent en faveur de conventions citoyennes et 79 % exigent que les conclusions de ces assemblées soient ultérieurement soumises à la validation des électeurs.