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mardi 8 septembre 2026
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Mort de Federico Martin Aramburu : le procès des tireurs présumés s’ouvre à Paris

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Mort de Federico Martin Aramburu : le procès des tireurs présumés s'ouvre à Paris
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L’essentiel
  • Le procès des meurtriers présumés de l’ancien international argentin Federico Martin Aramburu s’est ouvert devant la cour d’assises de Paris.
  • Les deux principaux accusés, Loïk Le Priol et Romain Bouvier, encourent la réclusion criminelle à perpétuité pour assassinat et tentative d’assassinat.
  • Le drame s’était déroulé à l’aube du 19 mars 2022 sur le boulevard Saint-Germain, à la suite d’une vive altercation en terrasse.
  • La cour devra trancher sur la question décisive de la préméditation et analyser l’impact du syndrome de stress post-traumatique invoqué par la défense.

Un drame au cœur du Quartier latin après une altercation nocturne

Mort de Federico Martin Aramburu : le procès des tireurs présumés s'ouvre à Paris

Plus de quatre ans après les faits survenus au début du printemps 2022, le volet judiciaire de l’affaire Federico Martin Aramburu s’ouvre enfin devant la cour d’assises de Paris. L’ancien trois-quarts centre international des Pumas argentins, âgé de 42 ans et figure appréciée du rugby français passé par Biarritz, Dax ou Perpignan, avait été abattu en pleine rue à l’aube du 19 mars 2022. Une simple altercation nocturne a basculé en quelques minutes dans une violence irréparable au cœur du Quartier latin. L’ancien sportif était venu passer le week-end dans la capitale aux côtés de son associé et ami Shaun Hegarty afin d’assister à la rencontre du Tournoi des Six Nations opposant la France à l’Angleterre.

Vers 5 heures 20 du matin, alors que les deux amis s’installaient dans un établissement du secteur pour se restaurer au terme de leur soirée, le ton est rapidement monté avec un groupe d’occupants voisins. Parmi eux se trouvaient Loïk Le Priol, 32 ans, sa compagne de l’époque, et Romain Bouvier, 35 ans. Une remarque émise sur l’attitude provocatrice de Le Priol envers un autre client a mis le feu aux poudres. Vers 6 heures, un affrontement physique s’est déclenché au cours duquel Aramburu a projeté Le Priol au sol, lui cassant plusieurs dents. Fou de rage, ce dernier aurait prononcé des menaces de mort explicites avant de quitter les lieux à pied, intimant l’ordre à sa compagne d’aller récupérer son véhicule tout-terrain.

Une fusillade à l’aube et dix coups de feu tirés

L’affrontement ne s’est malheureusement pas arrêté à cette bagarre de rue. Quelques minutes seulement après la séparation des deux groupes, la Jeep des mis en cause a rattrapé les deux anciens rugbymen qui marchaient le long du boulevard Saint-Germain. Romain Bouvier a alors fait feu à quatre reprises au moyen d’une arme de collection, touchant l’ancien joueur argentin avant de prendre la fuite en courant. Malgré ses blessures, Aramburu est resté debout jusqu’à l’arrivée de Loïk Le Priol, venu achever l’action armé d’un revolver de la fin du XIXe siècle qu’il affirmait avoir acquis récemment pour sa sécurité personnelle.

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L’ancien international argentin s’est effondré mortellement touché boulevard Saint-Germain après avoir essuyé pas moins de dix tirs d’armes anciennes. Touché notamment dans le dos, le joueur a succombé sur place en quelques instants sous les yeux de son ami. Dans les jours qui ont suivi, les principaux protagonistes se sont éparpillés pour échapper aux forces de l’ordre. Loïk Le Priol a finalement été interpellé par la police aux frontières à la jonction entre la Hongrie et l’Ukraine, alors qu’il cherchait à quitter l’espace européen, tandis que Romain Bouvier a été appréhendé après une brève cavale en France avec l’aide d’un tiers.

La préméditation au centre des débats juridiques

Le procès qui s’ouvre ce lundi doit faire toute la lumière sur la responsabilité exacte de chacun des prévenus et sur la qualification pénale des faits. Loïk Le Priol et Romain Bouvier sont respectivement poursuivis pour assassinat et tentative d’assassinat, des crimes passibles de la réclusion criminelle à perpétuité. Pour leur défense, les deux hommes contestent toute intention homicide préconçue. Ils soutiennent avoir agi sous l’effet de la panique et de l’inquiétude suscitées par le gabarit imposant et la puissance physique des deux anciens sportifs professionnels. Les jurés de la cour d’assises devront déterminer si les accusés ont agi avec préméditation ou s’il s’agissait d’une panique incontrôlée.

Deux autres personnes prennent place sur le banc des accusés. L’ex-compagne de Le Priol, âgée de 29 ans et comparaissant libre, répond de complicité de tentative d’assassinat pour avoir conduit le véhicule ayant permis la jonction. La justice devra apprécier le degré précis de connaissance qu’elle avait du projet violent de ses compagnons et de la présence d’armes à feu à bord. Un quatrième homme de 37 ans est quant à lui jugé pour avoir prêté assistance à la fuite de Romain Bouvier.

Des profils complexes et le poids des antécédents

L’audience permettra d’analyser en profondeur la personnalité des accusés, tous deux ancrés dans les milieux de la droite radicale. Ancien élève en droit à la faculté d’Assas envisageant le barreau avant de bifurquer vers l’écriture, Romain Bouvier partageait avec Loïk Le Priol un attrait affirmé pour les armes. Ce dernier, ancien militaire de marine contraint de quitter l’armée en 2015, traîne un parcours disciplinaire complexe. Le passé militaire de Loïk Le Priol et l’évaluation de ses troubles de stress post-traumatique seront au cœur de la controverse médicale durant les débats. La réalité de ces troubles psychologiques divise fortement les experts psychiatres désignés par le tribunal.

Ce matin du 19 mars 2022, les deux hommes n’auraient d’ailleurs pas dû se trouver ensemble. Ils faisaient l’objet d’une interdiction judiciaire stricte d’entrer en contact, suite à leur condamnation passée pour des faits de violences commis en réunion en 2015 sur un ancien cadre du mouvement étudiant GUD. Cette peine de prison ferme n’a manifestement pas suffi à empêcher leur rapprochement cette nuit-là.

Un choc durable pour le monde du sport et les proches

Au-delà du prétoire, le drame conserve un écho particulier dans les territoires où Federico Martin Aramburu avait tissé des liens indéfectibles. Installé au Pays basque avec sa famille où il s’était reconverti avec succès dans le secteur du tourisme, l’ex-rugbyman comptait de nombreux amis dans l’Ouest de la France, notamment à Cognac où ses passages réguliers laissaient le souvenir d’un homme chaleureux et rassembleur. L’émotion suscitée par la tragédie demeure vive au Pays basque comme à Cognac, où l’ancien champion avait noué des liens fraternels solides.

Durant trois semaines d’audience intense, la cour d’assises de Paris examinera minutieusement les témoignages, les expertises balistiques et les enregistrements vidéo pour démêler le fil de cette nuit d’escalade tragique. Le verdict final, attendu pour le 25 septembre, devra apporter des réponses judiciaires claires à la famille de la victime et établir le degré précis de responsabilité de chaque accusé.

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Écrit par
Thomas Rivière

Journaliste sport : football, cyclisme et grands événements, du terrain aux coulisses économiques.

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