- Le compte Instagram de Robin Williams a été réactivé après douze ans d’inactivité afin de publier des archives authentiques.
- Ses enfants cherchent à contrer la multiplication de contenus synthétiques générés par intelligence artificielle.
- La démarche relance le débat sur le droit à l’image des personnalités décédées comme James Dean ou Manna.
- D’autres proches de comédiens, à l’image de la famille de Val Kilmer, ont quant à eux autorisé des reproductions numériques.
Une initiative familiale face à la multiplication des contenus virtuels
Resté totalement inactif depuis le décès du comédien il y a douze ans, le compte Instagram officiel de Robin Williams a été réactivé cette semaine par ses enfants. Confrontée à l’émergence massive de vidéos et de visuels conçus par des outils d’intelligence artificielle générative tels que Sora, la famille a fait le choix de publier des archives et des photographies d’époque rigoureusement authentiques. Cette initiative vise à garantir aux admirateurs des contenus certifiés sans qu’ils n’aient à douter de leur véracité. Pour la fille de l’acteur, ces répliques synthétiques constituent une exploitation abusive du passé dans le seul but de capter l’attention numérique et de maximiser le nombre de vues sur les plateformes.
Un phénomène global qui touche vivants et disparus
La prolifération de contenus modifiés par ordinateur touche un large éventail de figures publiques, qu’elles soient vivantes ou disparues. Des personnalités comme Tupac, Kurt Cobain ou le pape Jean-Paul II font fréquemment l’objet d’apparitions fictives diffusées sur les réseaux sociaux. Face à cette vague de deepfakes, les artistes vivants s’efforcent eux aussi de protéger leur image et leur voix. C’est notamment le cas de la chanteuse Taylor Swift, qui cherche à encadrer strictement l’utilisation de ses attributs personnels. Malgré les demandes répétées des proches de Robin Williams pour proscrire toute réutilisation artificielle de son identité, la régulation de ce flux numérique reste un défi majeur.
Des controverses éthiques au sein du 7e art
Le secteur du cinéma est lui aussi traversé par ces enjeux technologiques, avec des tentatives répétées de résurrection d’acteurs disparus à l’écran. Un projet visant à recréer numériquement James Dean pour un film avait provoqué un vif tollé dans l’industrie et était finalement resté inabouti. La réapparition posthume de l’acteur bangladais Manna dans une série a suscité de vives contestations en raison de l’absence d’accord de sa famille. Ces pratiques posent la question du consentement des héritiers et de la frontière entre hommage artistique et exploitation commerciale.
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Des postures contrastées face au clonage numérique
Les positions des familles d’artistes varient néanmoins de manière significative face aux opportunités offertes par l’intelligence artificielle. Si certains ayants droit rejettent catégoriquement la création de doubles virtuels, d’autres décident d’accorder leur autorisation à des projets spécifiques. La famille de l’acteur américain Val Kilmer a ainsi consenti à l’usage de l’IA pour générer une version numérique du comédien. Cette doublure virtuelle doit participer au film « Deep as the grave », dont la date de sortie n’a pas encore été communiquée par la production.