- Le groupe de restauration collective prévoit de supprimer 1 097 postes au niveau national.
- La restructuration s’inscrit dans le nouveau plan stratégique « Shift and Grow 2030 ».
- Le siège social d’Issy-les-Moulineaux est également touché avec 134 départs envisagés.
- La direction justifie ces mesures par une concurrence accrue et des sous-investissements passés.
Un plan de sauvegarde de l’emploi d’envergure
Le géant français de la restauration collective et des services, Sodexo, a dévoilé un projet de restructuration impactant significativement ses activités dans l’Hexagone. Ce plan prévoit la suppression de 1 097 postes, dont 963 au sein de sa branche opérationnelle principale et 134 au siège social situé à Issy-les-Moulineaux. Cette mesure représente environ 4 % des effectifs totaux du groupe en France, où l’entreprise emploie actuellement 25 000 collaborateurs répartis sur 4 000 sites. La procédure, dont la phase d’information et de consultation des instances représentatives du personnel a débuté ce mercredi, privilégiera dans un premier temps une phase de départs volontaires avant la mise en œuvre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).
Une stratégie de transformation face à la concurrence
Ce redimensionnement s’inscrit dans la nouvelle feuille de route stratégique baptisée « Shift and Grow 2030 ». L’objectif affiché par la direction est de restaurer les capacités d’investissement de l’entreprise pour faire face à un marché de plus en plus disputé et à l’évolution rapide des attentes des consommateurs. Thierry Delaporte, directeur général du groupe arrivé fin 2025, a récemment reconnu des lacunes dans la gestion passée de l’enseigne. Le dirigeant a notamment pointé un sous-investissement chronique dans le développement des compétences ainsi qu’un manque de régularité dans l’exécution des offres commerciales et la fiabilité des prévisions de performance, rendant nécessaire une réorganisation profonde des structures internes.
Le numérique au cœur des nouveaux investissements
Pour Sodexo, cette cure d’austérité sociale doit permettre de dégager les marges de manœuvre financières indispensables à sa modernisation. Le groupe souhaite investir massivement dans l’innovation numérique, simplifier ses modes de fonctionnement et conquérir de nouveaux segments de marché pour se différencier de ses concurrents. Il s’agit de la deuxième restructuration majeure pour l’entreprise en quelques années, après un premier plan social en 2020 qui avait entraîné la suppression de 2 000 emplois. À l’époque, le secteur de la restauration subissait de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire, mais les défis actuels relèvent davantage de mutations structurelles et technologiques du marché de la restauration en entreprise.
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Une année 2026 placée sous le signe de la transition
Malgré l’annonce de ces suppressions de postes, les perspectives financières récentes du groupe montrent des signes de reprise. Après avoir initialement revu ses ambitions à la baisse au printemps dernier, Sodexo a finalement relevé son objectif de croissance annuelle à la suite d’un troisième trimestre dont le chiffre d’affaires s’est révélé supérieur aux prévisions des analystes. L’année 2026 est officiellement qualifiée de période de transition par la direction, marquée par des efforts accrus pour stabiliser la performance opérationnelle. Les résultats complets de l’exercice décalé 2025·2026 seront communiqués le 23 octobre prochain, offrant une vision plus précise de la santé financière du groupe au moment où s’engagent ces négociations sociales délicates.