- Téhéran et Mascate ont conclu un accord sur la répartition des revenus du trafic maritime et la création d’un couloir de navigation temporaire.
- Le dispositif prévoit que les navires entrant dans le Golfe utilisent les eaux iraniennes, tandis que les sortants passeront par les eaux omanaises.
- La République islamique conditionne toujours la réouverture complète du détroit à l’arrêt du conflit avec les États-Unis et à la levée du blocus.
Un compromis technique pour une reprise partielle du trafic

Après plusieurs semaines de pourparlers, l’Iran et l’Oman ont scellé une entente pour organiser la reprise du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Ce verrou stratégique, au cœur des tensions régionales depuis le déclenchement des hostilités en février, fera l’objet d’un déminage partiel et de l’ouverture d’un couloir de navigation provisoire. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a détaillé le fonctionnement technique de cette route : les bâtiments entrant dans le golfe Persique navigueront dans les eaux iraniennes, tandis que ceux qui en sortent transiteront par les eaux omanaises avant de regagner la zone sous contrôle de Téhéran. Ce protocole bilatéral prévoit une répartition précise des revenus générés par le passage des navires entre les deux États riverains. Les autorités disposent désormais d’un délai de 30 à 60 jours pour transformer cette organisation de crise en un accord permanent.
Une souveraineté affirmée face aux pressions internationales
Si cette avancée laisse entrevoir un desserrement de l’étau sur le transit des hydrocarbures, elle ne signifie pas pour autant une réouverture totale du détroit. Téhéran maintient ses exigences politiques et militaires, conditionnant tout retour à la normale à la fin de la guerre avec les États-Unis et à la levée intégrale du blocus portuaire. L’instauration de ce qui s’apparente à un péage maritime constitue un point de friction majeur avec Washington, qui s’oppose formellement à toute taxe dans ces eaux internationales. L’efficacité de ce couloir temporaire dépendra de la capacité des acteurs à garantir une navigation sécurisée pour le cinquième du pétrole mondial circulant d’ordinaire par cette voie. Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a d’ores et déjà annoncé la publication imminente des modalités pratiques destinées aux armateurs.