- Le CAC 40 a reculé de 1,68 % ce jeudi pour s’établir à 8 319,87 points, sous-performant ses voisins européens.
- Les investisseurs s’inquiètent de l’absence d’objectifs de déficit pour 2027 alors que le gouvernement de Sébastien Lecornu prépare le budget.
- Le secteur bancaire et Pernod Ricard ont lourdement pesé sur la séance, malgré la résistance des valeurs technologiques.
- L’agence de notation Fitch doit rendre son verdict sur la dette souveraine de la France ce vendredi soir.
Un climat politique et budgétaire sous tension

La place de Paris a connu une séance difficile ce jeudi, marquée par une défiance croissante des investisseurs. Le CAC 40 a cédé 1,68 %, effaçant les légers gains de la veille, dans un contexte où les interrogations sur la trajectoire des finances publiques françaises se font plus pressantes. À un peu plus d’un mois de la présentation du dernier projet de loi de finances du quinquennat, le flou persiste sur les orientations choisies par l’exécutif. Le Premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas encore arrêté d’objectif précis pour la réduction du déficit à l’horizon 2027. Cette absence de visibilité, couplée à l’absence de majorité absolue au Parlement, fait craindre aux marchés un effort budgétaire limité, susceptible de fragiliser davantage la signature financière de la France.
Le secteur financier dans l’attente de Fitch
Cette incertitude politique a des conséquences immédiates sur les actifs jugés les plus exposés au risque souverain. Le rendement de l’obligation d’État française à dix ans s’est tendu pour atteindre 4,10 %, reflétant une prime de risque accrue. Par ricochet, les grandes banques de la place, qui détiennent d’importants volumes de dette nationale, ont subi des corrections notables. Les titres de BNP Paribas et de la Société Générale ont ainsi chuté de près de 5 %, tandis que le Crédit Agricole a reculé de 3,97 %. Le marché reste désormais suspendu à la mise à jour de la notation de la dette française par l’agence Fitch, attendue vendredi soir, à seulement huit mois de l’échéance présidentielle.
Des résultats d’entreprises diversement accueillis
Outre la macroéconomie, l’actualité des entreprises a également pesé sur la tendance. Le géant des spiritueux Pernod Ricard a vu son titre dégringoler de 4,59 % après la publication d’un bénéfice annuel amputé d’un quart, pénalisé par des difficultés sur les marchés américain et chinois. De son côté, le groupe de BTP Eiffage a essuyé une baisse de 7,40 %, malgré un bénéfice en hausse au premier semestre. Les analystes pointent du doigt une génération de trésorerie jugée modeste et des perspectives à court terme empreintes de prudence. Ces annonces ont renforcé le sentiment de vulnérabilité de la cote parisienne, déjà malmenée par les tensions politiques intérieures.
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La technologie comme unique vecteur de soutien
Au milieu de ce repli généralisé, seul le secteur technologique est parvenu à tirer son épingle du jeu, porté par une dynamique venue des États-Unis. Les performances exceptionnelles du leader mondial de l’intelligence artificielle, Nvidia, ont stimulé l’ensemble de la filière des semi-conducteurs à l’échelle globale. À Paris, cette tendance a profité à STMicroelectronics, qui progresse de 2,92 %, ainsi qu’à Soitec, en hausse de 2,31 %. Toutefois, cet élan technologique n’a pas suffi à contrebalancer le poids des secteurs bancaire et industriel dans l’indice phare. La divergence entre la santé des fleurons de l’innovation et les doutes entourant l’économie hexagonale souligne la spécificité des défis actuels pour la place financière de Paris.