- Le Premier ministre Sébastien Lecornu présente les grandes lignes d’un budget 2027 sans hausse de fiscalité.
- Jordan Bardella confirme le soutien du Rassemblement national à la candidature de Marine Le Pen.
- Olivier Faure prône le « socialisme écologique » et menace d’une motion de censure contre le gouvernement.
- Édouard Philippe et François Hollande alertent de concert contre la montée des radicalités politiques.
Un budget de transition sous le signe de la réversibilité

À moins de huit mois du premier tour de l’élection présidentielle de 2027, le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, a précisé les contours du prochain projet de loi de finances. Dans un contexte marqué par l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale, le Premier ministre cherche à éviter une paralysie institutionnelle en proposant un texte dont les dispositions resteraient modifiables par la future équipe issue des urnes. Ce budget pour l’année 2027 ne devrait pas comporter d’augmentations d’impôts, mais se concentrerait sur un plan de soutien au secteur agricole et une réforme du régime des arrêts maladie. Le gouvernement tente ainsi de stabiliser les finances publiques sans compromettre l’alternance politique à venir lors du prochain scrutin printanier. Interrogé sur ses propres intentions pour l’Élysée, Sébastien Lecornu a une nouvelle fois écarté toute candidature, affirmant se tenir à l’écart de la compétition électorale pour se consacrer à sa mission ministérielle.
La gauche et le Rassemblement national affinent leurs stratégies
De son côté, le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a profité des journées d’été de sa formation pour durcir le ton. Évoquant la perspective d’un « socialisme écologique », il a prévenu qu’une motion de censure serait déposée si les orientations budgétaires s’alignaient sur les positions de la droite ou bénéficiaient du soutien du Rassemblement national. En parallèle, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a profité d’un déplacement dans la Marne pour réaffirmer la préparation de son mouvement. Les formations d’opposition structurent désormais leurs discours autour d’un programme de redressement national et de la défense des services publics. Bien que pressenti par certains observateurs, Jordan Bardella a confirmé qu’il se rangeait derrière la candidature de Marine Le Pen pour la prochaine élection présidentielle, mettant fin aux spéculations sur un éventuel duel interne au sein de son parti.
Un front commun contre la polarisation du débat public
Samedi, une rencontre notable s’est tenue à Sens lors des universités d’été du Laboratoire de la République. L’ancien président François Hollande et l’ancien Premier ministre Édouard Philippe ont débattu de l’état de la démocratie française, s’accordant sur la nécessité de contrer les mouvements qu’ils jugent populistes, citant explicitement le Rassemblement national et La France insoumise. Pour François Hollande, l’urgence est à l’unité face aux facteurs de division, tandis qu’Édouard Philippe a souligné le danger que représente, selon lui, la radicalité dans le débat démocratique. Malgré un constat partagé sur les tensions qui traversent le pays, les solutions économiques proposées par les deux hommes demeurent profondément divergentes. L’ancien chef de l’État préconise un renforcement des prélèvements obligatoires pour financer l’action publique, là où le maire du Havre appelle à une maîtrise stricte des dépenses sociales pour redresser la trajectoire budgétaire de la France.