- TotalEnergies s’engage à maintenir le plafonnement des tarifs à la pompe tant que le conflit au Moyen-Orient se poursuit.
- Les prix moyens des carburants en France dépassent de nouveau le seuil des 2 euros le litre.
- La mesure a déjà coûté entre 250 et 300 millions d’euros au groupe pétrolier.
- Le PDG Patrick Pouyanné menace d’abandonner définitivement ce geste commercial en cas de taxation spécifique des superprofits.
Un plafonnement prolongé face à l’envolée des cours

La pression sur le budget des automobilistes ne faiblit pas sur le territoire français. À la fin du mois d’août, l’ensemble des carburants affichait des tarifs moyens supérieurs à la barre symbolique des deux euros le litre, avec notamment le SP95-E10 à 2,035 euros, le gazole à 2,219 euros et le SP98 à 2,129 euros. Face à cette hausse généralisée des carburants au-delà des 2 euros le litre, TotalEnergies s’engage à prolonger son mécanisme de plafonnement. Le groupe pétrolier français continuera d’appliquer sa limite de 1,99 euro le litre sur l’essence et de 2,25 euros sur le diesel dans ses stations, en particulier sur les autoroutes et en zone rurale, aussi longtemps que durera le conflit au Moyen-Orient.
Un coût financier pour le groupe et une hausse de fréquentation
Ce dispositif de protection des consommateurs a un impact direct sur les comptes de l’entreprise. Initialement évalué à 200 millions d’euros à la fin du mois de juin, le coût de cette mesure atteint désormais entre 250 et 300 millions d’euros. Malgré une hausse de sa part de marché liée à l’afflux d’automobilistes, l’opération représente un coût direct évalué entre 250 et 300 millions d’euros pour l’entreprise. Les stations du groupe enregistrent une fréquentation en hausse, atteignant environ 25 % de part de marché contre 22 % en temps normal. Cependant, la direction rappelle que cette affluence ne génère pas de bénéfices supplémentaires sur la distribution, le carburant étant revendu à un tarif inférieur aux cours internationaux.
Tensions autour de la fiscalité des superprofits
La question du maintien de ce plafonnement reste étroitement liée aux arbitrages fiscaux à venir. Alors que les déstabilisations près du détroit d’Ormuz ont généré des gains importants pour les géants de l’énergie, les débats sur la taxation des bénéfices exceptionnels resurgissent. La direction du groupe avertit que l’instauration d’une taxe ciblée sur les superprofits entraînerait la suppression immédiate et définitive du dispositif de plafonnement. Patrick Pouyanné a indiqué que si une telle contribution spécifique venait à être appliquée, l’entreprise en tirerait les conséquences en arrêtant définitivement toute initiative de modération des prix à la pompe.
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Des incertitudes sur le budget et les taxes exceptionnelles
La perspective de la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises, susceptible d’être reconduite dans le projet de budget pour 2027, suscite également des réactions au sein de la classe politique et du secteur énergétique. Du côté du gouvernement, des réserves sont émises quant à la reconduction à l’identique de la surtaxe exceptionnelle, afin d’éviter d’envoyer un signal négatif aux investisseurs. Sébastien Lecornu a préconisé la réouverture des discussions, soulignant le caractère temporaire que doit conserver cet impôt. De son côté, TotalEnergies anticipe le paiement de l’impôt sur les sociétés en 2026 grâce aux profits réalisés et prévoit que la surtaxe exceptionnelle, si elle est maintenue, pourrait lui coûter plusieurs centaines de millions d’euros.