- Des documents internes de l’immigration américaine, obtenus par le Conseil national irano-américain, révèlent une coordination avec Téhéran pour organiser des renvois d’opposants.
- Entre mai et novembre 2025, plus de 100 Iraniens ont été expulsés sur trois vols charters sous la direction par intérim de Todd Lyons.
- Ces rapatriements forcés sont intervenus peu avant les frappes militaires menées par les États-Unis et Israël.
Des courriels internes révèlent la gestion des expulsions

Des échanges de courriers électroniques internes au service américain du contrôle des frontières et de l’immigration, obtenus par le Conseil national irano-américain dans le cadre d’une procédure d’accès aux documents administratifs, révèlent une coopération directe entre les autorités fédérales et des représentants iraniens. Entre mai et novembre 2025, les agents américains ont organisé trois vols charters spéciaux pour renvoyer plus de 100 ressortissants iraniens vers Téhéran. La planification de ces vols s’est faite sous l’autorité du directeur par intérim de l’agence de l’époque, Todd Lyons, sous de fortes pressions de hauts responsables de l’administration américaine. Les communications démontrent des contacts directs et indirects, notamment par l’intermédiaire du Qatar, pour régler la logistique de ces rapatriements, accédant ainsi à des demandes formulées par Téhéran visant des personnes spécifiques installées aux États-Unis.
Rupture avec la politique traditionnelle d’asile
Ces opérations de rapatriement massif ont visé plusieurs profils sensibles, dont des militants politiques et des membres de minorités religieuses ou ethniques risquant des persécutions sévères dès leur arrivée sur le sol iranien. Cette concertation marque une rupture majeure avec la doctrine d’immigration appliquée depuis plusieurs décennies par Washington envers les ressortissants de ce pays. Jusqu’alors, les citoyens iraniens visés par un arrêté d’expulsion étaient généralement autorisés à se maintenir sur le territoire américain en raison des risques encourus sous le régime théocratique. L’exécution de ces expulsions s’est déroulée quelques semaines seulement avant le déclenchement d’opérations militaires conjointes entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, un conflit qui a provoqué d’importantes pertes humaines.