- Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé un budget 2027 « réversible » et sans aucune hausse d’impôts.
- L’objectif de déficit public est fixé au maximum à 5,1 % du PIB, dans un contexte de croissance nulle au deuxième trimestre.
- Le gouvernement envisage une désindexation des pensions de retraite les plus élevées pour contenir la dépense publique.
Un cadre budgétaire adaptable avant l’échéance présidentielle
À moins de huit mois de l’élection présidentielle, le chef du gouvernement Sébastien Lecornu a précisé les contours du projet de loi de finances pour 2027. Ce budget, qualifié de « réversible », est conçu pour ne pas figer les choix de la future majorité tout en maintenant une trajectoire de rigueur budgétaire. Le Premier ministre a réaffirmé son refus de toute augmentation de la pression fiscale pour l’année à venir, estimant qu’il n’appartient pas à l’équipe actuelle de modifier les grands leviers d’imposition. L’exécutif se réunit en séminaire ce lundi pour finaliser ces arbitrages avant la présentation officielle prévue le 30 septembre. La stratégie repose sur une gestion serrée des comptes, alors que la croissance a été nulle au deuxième trimestre et que la charge de la dette s’alourdit sous l’effet des taux d’intérêt.
Des économies ciblées et des ministères régaliens préservés
Pour atteindre ses objectifs, l’État prévoit de freiner la progression des dépenses publiques, lesquelles devraient croître moins vite que l’inflation. Si les budgets de la Défense, de la Justice, de l’Intérieur et de l’Éducation nationale sont sanctuarisés ou en hausse, d’autres secteurs comme le Travail, la Santé et l’Agriculture seront mis à contribution. Le gouvernement étudie notamment une revalorisation différenciée des retraites, avec une possible sous-indexation des pensions les plus aisées par rapport à la hausse des prix. Par ailleurs, la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises pourrait être maintenue pour une troisième année, bien que son niveau soit discuté. D’autres pistes d’économies sont évoquées, touchant au déremboursement de médicaments à faible service médical rendu et à une réforme visant à limiter les abus concernant les arrêts maladie.