- L’ancien président de l’UMP Jean-François Copé juge irréaliste et inconstitutionnelle l’interdiction du voile dans l’espace public.
- Face aux échéances politiques, il appelle les personnalités de droite à se ranger derrière un candidat unique d’ici la fin de l’année.
- Au sujet de la déprogrammation d’artistes mis en cause, l’élu réaffirme la primauté de la présomption d’innocence.
Une réserve affirmée sur l’interdiction du voile

Réagissant aux propositions du Rassemblement national visant à interdire le port du voile islamique dans l’ensemble de l’espace public, Jean-François Copé a formulé de vives réserves d’ordre juridique et politique. Selon le maire de Meaux, une telle décision arrive trop tardivement et aurait éventuellement dû être prise il y a vingt-cinq ou trente ans. L’ancien président de l’UMP estime désormais que la mesure portée par le Rassemblement national manque de réalisme et se heurte frontalement aux règles fondamentales fixées par la Constitution.
L’exigence d’un rassemblement pour les échéances à venir
Abordant la situation de la droite parlementaire, l’ancien ministre s’est inquiété des divisions qui persistent au sein de sa famille politique. Interrogé sur les personnalités susceptibles d’incarner ce courant, notamment Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau, il considère le maire du Havre comme le mieux positionné à ce jour. Afin d’éviter une élimination dès le premier tour de la présidentielle, l’objectif prioritaire consiste à désigner un candidat unique d’ici la fin de l’année. Cette démarche vise également à anticiper les élections législatives pour offrir au pays une majorité absolue et éviter tout blocage institutionnel.
Le rappel des principes de la présomption d’innocence
L’actualité judiciaire a également été abordée à la suite de l’annulation de la tournée du chanteur Patrick Bruel, visé par une mise en examen pour viol et des accusations de violences sexuelles. Alors que plusieurs maires ont incité à la déprogrammation de l’artiste dans leurs collectivités, Jean-François Copé a affirmé qu’il n’aurait pas pris une telle initiative dans sa propre municipalité. Exerçant la profession d’avocat, l’élu remet en avant les règles de l’État de droit et rappelle que le principe fondamental de présomption d’innocence doit s’appliquer tant qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée par les magistrats.
À lire aussi Victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt : les réactions contrastées de la droite nationale française
Un appel au rétablissement des clivages politiques
Au-delà des questions individuelles, Jean-François Copé tire un bilan critique des récentes années de gouvernance centrale, estimant qu’elles ont favorisé la progression des extrêmes. Pour sortir des difficultés politiques actuelles consécutives à la dissolution de l’Assemblée nationale, il préconise de clarifier l’offre politique auprès des électeurs. Selon lui, la droite doit restructurer son appareil politique afin de bâtir un projet clair capable de rassembler une majorité stable dans le pays.