- Dix-sept familles et le collectif #MeTooÉcole portent plainte contre des élus de Paris, dont la maire Anne Hidalgo.
- La plainte vise des faits de mise en danger de la vie d’autrui et de non-assistance à personne en danger.
- Le parquet de Paris comptabilise actuellement 203 enquêtes pénales concernant des écoles et des crèches de la capitale.
- Les élus parisiens concernés seront auditionnés par le Sénat à partir du 15 septembre prochain.
Une action en justice collective contre l’exécutif parisien

Une nouvelle étape judiciaire s’ouvre dans le dossier délicat de la gestion des temps périscolaires à Paris. Le vendredi 4 septembre, dix-sept familles, soutenues activement par le collectif #MeTooÉcole, ont déposé une plainte visant plusieurs figures majeures de la municipalité parisienne, dont la maire Anne Hidalgo, l’actuel maire d’arrondissement Emmanuel Grégoire et l’ancien adjoint à l’éducation Patrick Bloche. Les plaignants invoquent des infractions graves telles que la mise en danger délibérée de la vie d’autrui, la non-dénonciation de violences sur mineurs ou encore la non-assistance à personne en danger. Cette nouvelle plainte collective marque une nette intensification des procédures engagées par les familles après de premières actions en justice individuelles entamées par des parents d’élèves à la fin du mois d’août.
La mise en cause d’un dysfonctionnement institutionnel
Pour la défense des familles, cette procédure ne se limite pas à cibler des manquements individuels mais interroge l’ensemble du protocole de contrôle de la ville de Paris. Bien que la municipalité ait annoncé au printemps un plan d’action d’urgence doté de 20 millions d’euros pour endiguer les violences physiques et sexuelles, les conseils des plaignants estiment que les alertes et les dysfonctionnements internes étaient connus de longue date par l’administration municipale sans qu’aucune mesure de suspension adéquate n’ait été prise. Les avocats dénoncent la passivité de l’administration face à des signalements répétés d’abus sur mineurs, qu’ils assimilent à une forme d’omerta et de déni institutionnel ayant perduré depuis 2015 dans plusieurs arrondissements de la capitale.
De nombreuses enquêtes en cours et un examen politique
La dimension de cette crise se mesure également à travers l’activité intense des tribunaux parisiens, le parquet de Paris ayant recensé plus de deux cents enquêtes pénales en cours liées au milieu scolaire et aux crèches, visant principalement des animateurs périscolaires. Face à l’inquiétude grandissante des parents d’élèves dans les écoles maternelles et élémentaires, les investigations vont désormais s’étendre de manière officielle aux instances parlementaires nationales. La commission d’enquête du Sénat auditionnera les responsables parisiens à la mi-septembre afin de faire toute la lumière sur la chaîne de responsabilité administrative et de comprendre les éventuelles défaillances de surveillance au sein des établissements publics de la capitale.