- Le cinéaste français Tony Gatlif est mort à l’âge de 77 ans, a annoncé sa famille ce vendredi.
- Réalisateur de 25 longs-métrages, il avait notamment remporté le prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 2004 pour « Exils ».
- Né à Alger sous le nom de Michel Dahmani, il a consacré sa carrière à célébrer la culture gitane et la musique.
La disparition d’un cinéaste de la liberté

Le monde du cinéma est en deuil après le décès du réalisateur Tony Gatlif, survenu mercredi à Arles (Bouches-du-Rhône) à l’âge de 77 ans. Sa famille a annoncé la nouvelle ce vendredi, précisant qu’il a succombé à un problème de santé alors qu’il travaillait activement sur un nouveau projet de film historique. Né Michel Dahmani à Alger d’un père kabyle et d’une mère gitane, le cinéaste avait fui l’Algérie durant son enfance avant de trouver sa voie artistique en Camargue, une terre qui l’a sauvé de l’errance. Le réalisateur laisse derrière lui une œuvre cinématographique riche et humaniste, profondément marquée par les thématiques de l’exil et de la marge. Ses proches lui ont souhaité un dernier voyage à travers l’expression tzigane « Latcho Drom », qui signifie bonne route.
L’héritage d’un chantre de la culture gitane
La disparition de Tony Gatlif marque la perte d’une voix singulière qui a placé la musique et les cultures nomades au cœur de son art. Révélé au grand public par des œuvres devenues des classiques, il avait signé des films marquants tels que Gadjo Dilo en 1997, qui a révélé l’acteur Romain Duris, ou encore Exils en 2004. Compositeur de ses propres bandes-originales, son utilisation magistrale de la musique lui a valu de remporter deux César de la meilleure musique de film, d’abord pour Gadjo Dilo en 1999, puis pour Vengo en 2001. Son ultime long-métrage, intitulé Ange, était sorti sur les écrans en 2025. Hommage lui a été rendu par la ministre de la Culture, Catherine Pégard, qui a salué un artiste filmant le mouvement et la liberté avec une énergie unique.