- Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, menace Washington de ripostes plus intenses après de récents affrontements maritimes.
- L’armée américaine a détruit ou neutralisé trois pétroliers iraniens accusés de financer de manière occulte les Gardiens de la Révolution.
- En représailles, Téhéran a revendiqué l’attaque d’un drone naval de surface américain dans le détroit de Hormuz.
Menaces de riposte iranienne dans le détroit d’Ormuz

Le climat de tension s’accentue fortement au Moyen-Orient. Dimanche 6 septembre, le négociateur en chef de la République islamique d’Iran, Mohammad Bagher Ghalibaf, a publiquement averti que Téhéran ne se limiterait plus à des réponses proportionnées face aux actions militaires occidentales. Quelques heures auparavant, les forces iraniennes ont revendiqué l’interception et l’attaque d’un drone naval de surface américain dans les eaux stratégiques du détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la Révolution ont affirmé dans un communiqué officiel que ce navire militaire télécommandé avait tenté de s’introduire illégalement dans une zone maritime placée sous leur haute surveillance, justifiant ainsi l’usage immédiat de la force. Cette nouvelle confrontation directe illustre l’escalade rapide des hostilités militaires entre les deux puissances dans cette zone de transit cruciale pour l’approvisionnement énergétique mondial.
Destruction de pétroliers et réseau de financement occulte
Cette brusque montée des tensions découle d’une opération d’envergure menée la veille par les forces armées américaines. Samedi 5 septembre, le Commandement militaire des États-Unis a annoncé avoir neutralisé de façon définitive deux pétroliers iraniens et entièrement détruit un troisième navire dans la région du Golfe. Selon les précisions du Pentagone, ces bâtiments maritimes localisés respectivement au large de l’île de Kharg, près de Jask et dans le golfe d’Oman appartenaient à un réseau clandestin de contrebande hautement structuré. Ce trafic illicite aurait généré plusieurs milliards de dollars de revenus pour financer directement les Gardiens de la Révolution et leurs partenaires régionaux. Avant ces destructions américaines, les forces de Téhéran avaient déjà ciblé trois navires marchands sur des passages non autorisés et menacé plusieurs navires américains.
Une déstabilisation accrue et des répercussions régionales majeures
L’affirmation d’une nouvelle doctrine militaire iranienne, qui promet des réponses plus douloureuses et asymétriques, fait craindre une paralysie du trafic maritime commercial international dans le golfe Arabo-Persique. En marge de ce bras de fer naval, la crise régionale s’intensifie également au sol avec des répercussions immédiates au Liban. Les forces de défense israéliennes ont ainsi mené des frappes aériennes de représailles dans le sud du pays après des attaques de drones du Hezbollah. Le ministère libanais de la Santé a fait état de quatre morts et de vingt blessés dans les localités de Nabatiyé el-Faouqa et d’Arabsalim. Ce cumul des fronts met en péril la stabilité précaire de toute la région, alors que les canaux de négociation directe semblent désormais rompus.