- La triple lauréate espagnole, Aitana Bonmati, est la grande absente de la sélection en raison d’une grave blessure au péroné survenue en cours de saison.
- Le FC Barcelone domine la liste avec huit joueuses nommées, tandis que le football anglais confirme sa puissance financière en captant 37 % des finalistes.
- À 36 ans, la capitaine lyonnaise Wendie Renard entre dans l’histoire en obtenant une sixième nomination, un record de régularité absolue.
- L’ancienne double lauréate Alexia Putellas signe son grand retour après une saison pleine de 26 buts et 15 passes décisives.
Un tournant historique et l’absence notable de la tenante du titre
Le football féminin s’apprête à couronner une nouvelle reine lors de la prestigieuse cérémonie prévue le 26 octobre prochain. Dévoilée ce mardi 8 septembre 2026, la liste des 30 prétendantes au Ballon d’Or 2026 marque une rupture historique : pour la première fois depuis quatre ans, la lauréate ne sera pas Aitana Bonmati. Sacrée sans discontinuer en 2023, 2024 et 2025, la virtuose du milieu de terrain espagnol paie le prix fort d’une saison brisée par les blessures. Victime d’une grave fracture du péroné gauche le 30 novembre dernier lors d’un entraînement avec sa sélection nationale, elle a entamé une douloureuse course contre la montre. Si son courage lui a permis de fouler brièvement la pelouse d’Oslo le 23 mai lors de la finale de la Ligue des championnes, ce retour tardif s’est avéré insuffisant pour convaincre les jurés de l’inscrire parmi les finalistes. Cette absence forcée de la triple tenante du titre redistribue totalement les cartes pour l’attribution de la plus haute distinction individuelle du football mondial. À l’inverse, sa compatriote et ancienne double lauréate (2021, 2022) Alexia Putellas effectue un retour spectaculaire au premier plan. Après avoir surmonté d’importantes épreuves physiques, notamment une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche en 2022 et une arthroscopie fin 2023, la capitaine catalane de 32 ans postule légitimement à une troisième couronne. Forte d’un bilan exceptionnel de 26 buts et 15 passes décisives, elle a tout raflé la saison dernière avec le FC Barcelone · Ligue des nations, Ligue des championnes, Liga, Coupe de la Reine et Supercoupe d’Espagne · avant de s’envoler cet été pour relever un nouveau défi sous les couleurs des Lionnes de Londres.
L’hégémonie catalane face à la montée en puissance de l’Angleterre
Malgré l’absence de Bonmati, l’empreinte du FC Barcelone reste hégémonique sur le football mondial. Fortes de leur triomphe écrasant en finale de la Ligue des championnes (4-0) face aux Lyonnaises, les Blaugranas placent pas moins de huit joueuses dans cette liste de prestige. Outre Putellas, des figures comme la Norvégienne Caroline Graham Hansen · meilleure passeuse de Liga avec 10 offrandes · et Claudia Pina · meilleure buteuse du championnat espagnol avec 21 réalisations · portent haut les couleurs de l’institution catalane. Cependant, la véritable mutation de ce scrutin réside dans l’attractivité irrésistible de la Women’s Super League anglaise, qui regroupe désormais plus d’un tiers des nommées. Avec 11 représentantes (soit 37 % de la liste), le championnat d’Angleterre confirme son insolente santé financière et sa capacité à attirer les meilleurs talents de la planète, un mouvement de concentration illustré par les départs estivaux de Putellas, Mapi Leon ou Matsukubo vers le Royaume-Uni. Cette hégémonie britannique naissante profite particulièrement à Manchester City. Sacré champion d’Angleterre et vainqueur de la Coupe nationale, le club mancunien place cinq joueuses dans la liste, dont sa redoutable canonnière jamaïcaine Khadija Shaw et sa capitaine emblématique Alex Greenwood.
Le mérite et la longévité : l’exemple tricolore de Wendie Renard
Face à cette mondialisation galopante et à la concentration des richesses outre-Manche, le football français préserve son rang grâce à la rigueur historique de l’Olympique Lyonnais. Bien que lourdement battu en finale européenne, le club rhodanien demeure un bastion de transmission et de travail de long terme. La France compte trois nommées dans cette liste : Selma Bacha (25 ans), Melvine Malard et la monumentale Wendie Renard. À 36 ans, la capitaine emblématique des Bleues et de l’OL s’offre une sixième nomination en carrière, devenant la joueuse la plus fréquemment conviée de l’histoire du trophée. Dans un sport moderne souvent marqué par l’éphémère et l’instabilité des carrières, la longévité exceptionnelle de Wendie Renard au plus haut niveau témoigne d’une discipline personnelle et d’un sens du devoir admirables. À ses côtés, la jeune latérale Selma Bacha honore sa deuxième nomination après une saison pleine sur le plan national (championnat, Coupe de France et Coupe de la Ligue), jalonnée de 32 matches et 13 passes décisives. Cette présence tricolore rappelle que l’école française, malgré la concurrence féroce des budgets de la Premier League féminine, conserve son savoir-faire et sa légitimité historique.
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L’émergence d’une nouvelle hiérarchie internationale
Cette édition 2026 consacre définitivement un changement d’époque et le passage de témoin entre générations. Les pionnières historiques du football féminin, à l’instar de la Norvégienne Ada Hegerberg (première lauréate en 2018) ou de l’Américaine Megan Rapinoe (désormais retraitée), cèdent définitivement la place à une jeunesse conquérante. Pas moins de dix joueuses fêtent leur toute première apparition dans ce cénacle. Parmi elles, la Polonaise Ewa Pajor s’impose comme une sérieuse prétendante grâce à une efficacité redoutable, compilant 34 buts dont 11 réalisations en Ligue des championnes, où elle a terminé meilleure buteuse. La mondialisation du football s’illustre également par la diversité géographique des talents représentés, de l’émergence de la Zambienne Barbra Banda à l’affirmation des nations asiatiques. Le Japon, fort de sa victoire en Coupe d’Asie, place ainsi trois joueuses d’avenir (Hasegawa, Tanikawa et Matsukubo), égalant le contingent de grandes nations européennes comme les Pays-Bas (Miedema, Casparij, Brugts) et la France. De même, l’influence de l’internationale haïtienne Melchie Dumornay, joueuse la plus régulière de l’effectif lyonnais, ou les performances de l’Allemande Klara Bühl au Bayern Munich (23 passes décisives) dessinent les contours d’une hiérarchie mondiale plus ouverte que jamais.