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dimanche 13 septembre 2026
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Escalade au Moyen-Orient : les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb sous haute tension

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Escalade au Moyen-Orient : les détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb sous haute tension
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L’essentiel
  • Les rebelles yéménites houthis ont revendiqué une attaque contre une base militaire en Arabie saoudite, tout en consolidant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb.
  • Plus de 2 000 personnes ont fui les combats par la mer Rouge pour se réfugier à Djibouti, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
  • Une frappe contre un navire de commerce iranien dans le détroit d’Ormuz a fait un mort, exacerbant les tensions maritimes régionales.
  • Sur le plan diplomatique, l’Iran et les Émirats arabes unis tentent un rapprochement en marge du sommet des BRICS.

La poussée foudroyante des Houthis et le blocus de la mer Rouge

Escalade au Moyen-Orient : les détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb sous haute tension

La Corne de l’Afrique et le sud de la péninsule Arabique traversent un séisme géopolitique dont les ondes de choc menacent directement les routes maritimes internationales. Les rebelles yéménites houthis, soutenus par Téhéran, ont franchi une étape décisive dans leur offensive éclair le long du littoral de la mer Rouge. En s’emparant de la ville portuaire stratégique de Mokha, puis de la totalité de la côte et des îles avoisinantes, les insurgés pro-iraniens ont verrouillé le détroit de Bab el-Mandeb. Ce contrôle direct exercé par une milice islamiste sur le verrou d’accès au canal de Suez représente une menace existentielle pour la souveraineté économique des nations européennes, suspendues à la sécurité de leurs approvisionnements commerciaux. Sur le plan humanitaire, cette déstabilisation pousse des milliers de civils à l’exil. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 2 000 personnes ont fui le Yémen par bateau pour rejoindre les côtes de Djibouti, notamment le port d’Obock. Ce flux migratoire soudain, initialement estimé à 1 400 personnes par le gouvernement djiboutien, témoigne de la violence extrême d’un conflit qui a déjà fait des centaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés ces dernières semaines.

L’Arabie saoudite et ses infrastructures pétrolières ciblées

Face à la progression fulgurante des insurgés, le royaume d’Arabie saoudite, principal soutien des forces gouvernementales yéménites, se retrouve directement pris pour cible. Les Houthis ont revendiqué une attaque contre une base militaire saoudienne, illustrant leur capacité de projection offensive au-delà de leurs frontières. Cette agression s’inscrit dans un contexte de guerre asymétrique où les infrastructures énergétiques de la région sont délibérément visées. Un drone, tiré depuis la province irakienne de Missan, a ainsi frappé un oléoduc saoudien stratégique, entraînant la fermeture de la liaison Est-Ouest. La vulnérabilité des corridors pétroliers face aux attaques asymétriques démontre que le prix du baril de brut demeure le véritable arbitre de ce conflit de haute intensité. En réaction, les autorités de Bagdad ont limogé le commandant militaire de Missan et ordonné la fermeture temporaire de trois postes-frontières avec l’Iran, avant d’annoncer leur réouverture progressive pour préserver les échanges commerciaux essentiels.

Le détroit d’Ormuz sous la menace d’une confrontation globale

Plus à l’est, le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part majeure du pétrole mondial, est lui aussi le théâtre d’affrontements larvés. Un navire marchand battant pavillon iranien a été la cible d’un bombardement non revendiqué au large des îles de Hengam et de Qeshm, causant la mort d’un membre d’équipage et faisant trois blessés. Ce nouvel incident naval dans le détroit d’Ormuz cristallise la confrontation directe entre la République islamique d’Iran et les États-Unis pour le contrôle des flux de marchandises dans cette zone ultrasensible. Les déflagrations nocturnes signalées à proximité de l’île de Qeshm rappellent la fragilité de la sécurité internationale dans des eaux de plus en plus militarisées. Pour les nations soucieuses de leur indépendance énergétique, la sécurisation de ces voies de transit névralgiques s’impose désormais comme une priorité souveraine absolue.

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Le jeu complexe des alliances régionales, des BRICS à Oman

En dépit de cette escalade militaire, les canaux diplomatiques tentent de redéfinir l’architecture sécuritaire du Moyen-Orient, loin de l’influence traditionnelle des puissances occidentales. En Inde, en marge du sommet des dirigeants des BRICS, le président iranien Massoud Pezeshkian a rencontré le prince héritier d’Abou Dhabi, cheikh Khaled ben Mohamed ben Zayed al-Nahyane. Les deux dirigeants ont exprimé leur volonté commune de « tourner la page » de leurs différends historiques. Ce rapprochement pragmatique entre Téhéran et les Émirats arabes unis illustre la volonté croissante des puissances régionales de s’affranchir des arbitrages de Washington pour structurer leur propre espace de sécurité. Parallèlement, une réunion cruciale est organisée à Salalah, en Oman, visant à jeter les bases d’un cadre multilatéral de coopération autour du détroit d’Ormuz. Si cette conférence exclut le royaume de Bahreïn, elle marque un effort régional sans précédent pour stabiliser le Golfe face au spectre d’un embrasement généralisé.

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Écrit par
Nadia Belkacem

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