- Le Premier ministre Sébastien Lecornu lance le plan temporaire « transmissions 2027 » pour encourager la circulation précoce de l’épargne.
- Le plafond d’exonération pour les dons d’argent aux descendants directs majeurs passera de 31 865 euros à 50 000 euros.
- Un taux réduit temporaire de 6 % s’appliquera sur les donations classiques jusqu’à 100 000 euros, bénéficiant aussi aux neveux et nièces.
- Le projet préserve le pacte Dutreil et s’associe au nouveau pacte Papin pour sécuriser la transmission d’entreprises aux salariés.
Un virage fiscal pour encourager la transmission familiale précoce

L’épargne des ménages français, historiquement élevée, se heurte depuis de nombreuses décennies à une fiscalité successorale particulièrement lourde, freinant la circulation des richesses vers les plus jeunes. Afin de remédier à ce blocage structurel, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé les contours d’un projet d’ampleur baptisé « transmissions 2027 ». Intégrées au prochain projet de loi de finances, ces mesures temporaires visent à encourager les Français à transmettre leur patrimoine de leur vivant, plutôt que d’attendre le dénouement tardif d’une succession. Face au constat d’un capital national dormant, Matignon entend ainsi dynamiser la solidarité intergénérationnelle en incitant à la libération rapide de l’épargne. Pour le chef du gouvernement, cette réforme répond à une urgence économique et sociale : l’argent accumulé par les aînés doit pouvoir soutenir les projets des jeunes actifs au moment précis où ils s’installent, fondent un foyer ou créent une entreprise, des étapes de vie où le besoin de financement est le plus crucial.
Revalorisation des seuils d’exonération pour les descendants
Le premier levier de cette réforme d’envergure repose sur un relèvement significatif des abattements applicables aux dons de sommes d’argent. Actuellement fixé à 31 865 euros, le plafond des montants totalement exonérés de droits de donation sera porté à 50 000 euros. Ce dispositif cible spécifiquement les donateurs âgés de moins de 80 ans consentant un don à un enfant, un petit-enfant ou un arrière-petit-enfant majeur. La hausse substantielle du plafond d’exonération à 50 000 euros constitue un soutien direct aux familles désireuses de transmettre le fruit de leur travail sans spoliation fiscale. Cette mesure, bien que temporaire, cherche à insuffler une bouffée d’oxygène aux ménages de la classe moyenne et patrimoniale, souvent pénalisés par les tranches d’imposition en vigueur. En facilitant ces flux financiers au sein de la lignée directe, l’exécutif espère créer un choc de consommation et d’investissement de proximité.
Un taux réduit inédit élargi à la famille élargie
Au-delà de la ligne directe, le projet gouvernemental innove en s’attaquant à la fiscalité des donations dites « classiques » en pleine propriété. Matignon propose d’instaurer, à titre temporaire, un taux unique d’imposition de 6 % sur la fraction taxable après application des abattements traditionnels. Cette mesure phare s’appliquera dans la limite d’un plafond de 100 000 euros par donateur et par bénéficiaire majeur. Pour illustrer l’impact concret de cette réforme, les services du Premier ministre précisent que pour une transmission de cette somme, les droits dus au Trésor public chuteraient de 18 200 euros à seulement 6 000 euros. En abaissant temporairement la fiscalité à 6 % pour les transmissions familiales, le gouvernement allège considérablement la charge fiscale pesant sur la famille élargie, notamment entre oncles et neveux. De plus, afin d’allier transmission patrimoniale et générosité publique, ce taux sera ramené à 5 % si le donateur effectue simultanément un don en faveur d’une association venant en aide aux personnes les plus démunies.
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Consolider le tissu économique et entrepreneurial français
Cette refonte fiscale ne se limite pas au seul patrimoine mobilier ou immobilier des particuliers · elle s’inscrit dans une vision globale de défense de l’outil de travail et du tissu économique national. Sébastien Lecornu a tenu à rassurer les milieux économiques et les défenseurs de la transmission d’entreprises en confirmant la sanctuarisation du « pacte Dutreil », un outil fiscal essentiel qui permet d’exonérer de droits de mutation une grande partie de la valeur des parts sociales transmises au sein d’une famille. La préservation du pacte Dutreil résonne comme une garantie indispensable pour pérenniser le capitalisme familial français et protéger nos fleurons locaux face aux incertitudes économiques. Ces annonces viennent ainsi compléter le dispositif « pacte Papin », récemment présenté par Serge Papin, ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme, qui s’attache à faciliter la reprise des structures par leurs propres salariés. En articulant préservation du patrimoine familial et dynamisation de l’actionnariat salarié, le gouvernement tente de concilier tradition et transmission de l’esprit d’entreprise dans l’Hexagone.