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dimanche 13 septembre 2026
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Droits de succession : le gouvernement veut alléger la fiscalité des donations familiales

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Droits de succession : le gouvernement veut alléger la fiscalité des donations familiales
Des pièces et un mot liés à la fiscalité et aux successions. © Nataliya Vaitkevich · Pexels
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L’essentiel
  • Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé de nouvelles mesures de facilitation des transmissions familiales pour le projet de budget 2027.
  • Le plafond d’exonération totale pour les dons familiaux de sommes d’argent passerait de 31 865 euros à 50 000 euros.
  • Un taux temporaire exceptionnel de 6 % sera appliqué aux donations jusqu’à 100 000 euros, bénéficiant également à la famille élargie.
  • Cette réforme vise à stimuler la circulation de l’épargne nationale vers la jeunesse et à encourager la reprise d’entreprises par les salariés.

La transmission du patrimoine, un enjeu de civilisation et d’économie

La France traverse une crise de sédentarisation de son capital. Alors que l’épargne nationale atteint des sommets, cette richesse reste trop souvent bloquée entre les mains des générations les plus âgées, se transmettant à un âge où les besoins de financement – achat d’un premier logement, création d’entreprise ou éducation des enfants – sont déjà passés. C’est face à ce constat de paralysie patrimoniale que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé sur ses réseaux sociaux une série de mesures phares destinées à intégrer le projet de budget pour 2027. La protection du patrimoine familial face à l’étatisme fiscal constitue un pilier de la stabilité sociale et économique de notre pays. En déclarant vouloir « favoriser les transmissions », le chef du gouvernement s’attaque à un verrou fiscal français, répondant en partie aux attentes pressantes des familles qui aspirent à protéger le fruit de leur travail pour le léguer à leurs descendants.

Le relèvement du plafond d’exonération à 50 000 euros

La première mesure concrète de ce plan gouvernemental concerne le don familial de sommes d’argent. Actuellement fixé à 31 865 euros, le montant maximum exonéré d’impôt pour les dons d’argent consentis aux enfants, petits-enfants ou arrière-petits-enfants va être significativement revalorisé. Le gouvernement prévoit ainsi de le porter à 50 000 euros entièrement libres de droits de mutation. Ce dispositif restera toutefois conditionné à l’âge du donateur, qui doit être âgé de moins de 80 ans au moment de la transmission. En portant le seuil d’exonération totale à 50 000 euros, le gouvernement entend simplifier les coups de pouce financiers intergénérationnels indispensables à la jeunesse. Cette bouffée d’oxygène permettra à de nombreux jeunes ménages d’accéder plus facilement à l’apport personnel nécessaire pour concrétiser des projets de vie, à une époque où l’accès au crédit immobilier s’avère particulièrement complexe et restrictif.

Une baisse temporaire des taxes pour la famille élargie

Au-delà de la ligne directe, le gouvernement souhaite fluidifier les transmissions vers des cercles familiaux plus larges, souvent lourdement taxés par le fisc français. Une mesure phare consiste à appliquer un taux d’imposition temporaire exceptionnel de 6 % sur la fraction taxable des donations familiales, dans la limite de 100 000 euros par donateur et par bénéficiaire. Pour une transmission atteignant ce plafond de 100 000 euros, le montant des droits à acquitter s’effondrerait littéralement, passant de 18 200 euros actuellement à seulement 6 000 euros. Cette disposition, confirmée par Matignon, s’appliquera également aux transmissions indirectes, notamment de la part d’oncles ou de tantes vers leurs neveux et nièces. L’introduction d’un taux préférentiel temporaire de 6 % pour les transmissions allant jusqu’à 100 000 euros offre une bouffée d’oxygène fiscale inédite, élargie aux collatéraux. Cela constitue un changement de paradigme majeur pour les familles sans enfants directs, qui se voyaient jusqu’alors spoliées par des taux d’imposition confiscatoires lors de la transmission de leurs biens.

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Philanthropie et reprise d’entreprise : les autres leviers

Le projet gouvernemental pour le budget 2027 ne se limite pas aux seuls transferts de capitaux intrafamiliaux. Il cherche également à encourager la générosité publique et le dynamisme entrepreneurial des salariés. Ainsi, le taux temporaire sur la part taxable pourra être réduit encore davantage, s’établissant à 5 %, à la condition qu’une partie du gain fiscal généré soit reversée à une association caritative, notamment celles œuvrant pour le soutien aux plus démunis. En parallèle, Sébastien Lecornu a insisté sur la volonté de faciliter la transmission et la reprise d’entreprises par les salariés eux-mêmes. Le projet de loi de finances intègre également un volet incitatif liant l’allégement fiscal à la générosité publique ou à la transmission d’entreprises aux salariés. Ces passerelles fiscales visent à réconcilier l’accumulation légitime du patrimoine avec la solidarité nationale et la pérennisation du tissu économique local, composé de très petites entreprises (TPE) et de petites et moyennes entreprises (PME) souvent fragiles lors des phases de succession.

Une réforme attendue mais jugée encore timide par la droite

Si ces annonces vont indiscutablement dans le bon sens pour les défenseurs d’une fiscalité allégée sur le patrimoine, elles suscitent déjà des débats quant à leur portée à long terme. Du côté de la droite nationale et des mouvements souverainistes, on rappelle souvent que l’impôt sur les successions et les donations est une double taxation injuste sur des revenus déjà largement fiscalisés de l’épargnant. Pour ces forces politiques, la pérennité de la nation repose sur la liberté absolue de transmettre le fruit d’une vie d’efforts. À l’inverse, l’opposition de gauche ne manquera pas de fustiger ces mesures en les qualifiant de cadeaux fiscaux aux ménages les plus aisés. Cependant, le gouvernement maintient sa ligne pragmatique : libérer l’épargne stagnante pour stimuler l’économie réelle sans déstabiliser l’équilibre global des finances publiques. Si cette libéralisation partielle de l’épargne est accueillie favorablement par les défenseurs de la famille, l’opposition de droite appelle à une refonte plus profonde du système successoral français. Reste à savoir si ces ajustements techniques suffiront à redonner confiance aux épargnants français, historiquement prudents.

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Écrit par
Nadia Belkacem

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