- Le président américain Donald Trump demande à Volodymyr Zelensky d’arrêter de cibler les raffineries de diesel en Russie.
- Les attaques de drones de Kiev ont réduit de 32 % les revenus pétroliers maritimes de Moscou en août, l’obligeant à prolonger son embargo à l’exportation.
- Aux États-Unis, le prix du gallon de diesel dépasse 6 dollars, alimentant une inflation de 3,4 % à l’approche des élections de mi-mandat.
Un appel pressant de Donald Trump pour préserver les raffineries de diesel
En déplacement en Irlande ce dimanche 13 septembre, le président américain Donald Trump a publiquement demandé à Volodymyr Zelensky d’interrompre les attaques ukrainiennes contre les infrastructures de diesel en Russie. Tout en concédant que Kiev conserve la possibilité de viser d’autres cibles militaires sur le territoire adverse, le chef d’État américain entend freiner une spirale de frappes aux répercussions économiques globales. Cette mise en garde survient alors que des drones ukrainiens ont de nouveau visé des installations pétrolières russes à Nijnekamsk, dans le Tatarstan, ainsi qu’à Slaviansk-sur-Kouban. Quelques jours plus tôt, la raffinerie stratégique de Riazan, qui alimente directement la région moscovite, avait déjà dû suspendre ses activités. L’intensification de ces opérations stratégiques par les forces ukrainiennes vise à assécher directement les revenus financiers du Kremlin tout en privant la machine de guerre russe de ses carburants indispensables.
Une stratégie d’attrition efficace qui paralyse l’industrie pétrolière russe
Cette campagne systématique menée par Kiev produit des dommages structurels majeurs sur l’économie russe, deuxième exportateur mondial de diesel derrière les États-Unis. Au début du mois de septembre, le président Vladimir Poutine a lui-même reconnu que 10 % des raffineries touchées demeuraient toujours en attente de réparations. Face à cette pénurie interne menaçant son propre approvisionnement, Moscou a été contrainte de prolonger l’interdiction d’exporter du diesel jusqu’au 30 septembre. Les données du Centre for Research on Energy and Clean Air confirment l’efficacité de cette stratégie : les recettes maritimes tirées des produits pétroliers russes se sont effondrées de 32 % sur un seul mois en août, atteignant leur niveau le plus bas depuis le déclenchement de l’invasion à grande échelle. Néanmoins, le retrait forcé du diesel russe du marché international prive les circuits mondiaux d’un volume de carburant essentiel à la fluidité du commerce mondial.
Une crise énergétique mondiale qui asphyxie l’économie américaine
La contraction de l’offre russe intervient dans un contexte géopolitique extrêmement tendu, marqué par le conflit avec l’Iran et les perturbations majeures du trafic maritime au Moyen-Orient. Selon les dirigeants des géants pétroliers Vitol et Phillips 66, le déficit cumulé atteint désormais quatre millions de barils par jour sur le marché mondial des produits raffinés. Aux États-Unis, le prix moyen du gallon de diesel a franchi le seuil symbolique des 6 dollars pour la première fois, secouant directement les secteurs clés du transport routier et de l’agriculture. Avec un baril de Brent grimpant à 104,61 dollars et une inflation maintenue à 3,4 % en août, cette flambée de l’énergie prend une tournure politique explosive à moins de deux mois des élections de mi-mandat. Soucieuse d’éviter un mécontentement populaire massif, la Maison-Blanche cherche urgemment à augmenter ses capacités nationales de raffinage et envisage de recourir au Defense Production Act.