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lundi 14 septembre 2026
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Création d’entreprise : les femmes représentent 39 % des nouveaux projets en France

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Création d'entreprise : les femmes représentent 39 % des nouveaux projets en France
Une femme lors d'un entretien pour la création d'une entreprise. © RDNE Stock project · Pexels
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L’essentiel
  • En 2025, 39 % des créations d’entreprises en France ont été portées par des femmes, soit 231 053 immatriculations.
  • L’accès au capital reste difficile : seules 32 % des entrepreneuses obtiennent un financement externe et 11 % des fonds de capital-risque vont aux start-up fondées par des femmes.
  • Les taux de refus bancaires sont 40 % plus élevés pour les femmes, malgré la résistance du secteur de la micro-entreprise où 45 % des créatrices sont actives après cinq ans.
  • Des outils nationaux comme la garantie ÉGALITÉ Femmes et les prêts d’honneur tentent de pallier la frileuseté des établissements bancaires.

Une vitalité entrepreneuriale au cœur du tissu économique français

L’esprit d’initiative continue d’irriguer le tissu économique national. Selon le Baromètre 2026 de l’entrepreneuriat des femmes, publié conjointement par la Direction générale des Entreprises (DGE) et Bpifrance, les femmes ont porté 39 % des créations d’entreprises dans l’Hexagone au cours de l’année 2025. Cette dynamique témoigne d’un engagement croissant des Françaises dans le paysage productif et commercial. Les données publiées par le baromètre Infogreffe traduisent concrètement cet engouement : 231 053 entreprises ont été immatriculées par des entrepreneuses en 2025, ce qui représente 31,1 % de la totalité des immatriculations enregistrées sur le territoire national.

Cette orientation vers la création d’activité reflète une volonté d’indépendance professionnelle et de valorisation du travail individuel. De la proximité commerciale aux prestations de services, les porteuses de projet s’inscrivent pleinement dans l’effort de redressement économique des territoires. En 2025, près de quatre créations d’entreprises sur dix ont été initiées par des femmes, confirmant une progression constante observée depuis 2021. Néanmoins, ce désir de bâtir et de développer une affaire personnelle se heurte encore trop fréquemment à des contraintes financières lourdes, en particulier au moment d’engager la phase cruciale du démarrage.

Le verrou financier et le scepticisme de l’écosystème bancaire

Si la volonté d’entreprendre se consolide, le franchissement du cap financier reste une épreuve particulièrement sélective. Les analyses du secteur bancaire révèlent en effet que les refus de prêts sont 40 % plus fréquents pour les femmes que pour leurs homologues masculins. Cette frileuseté des établissements de crédit prive de nombreux projets viables des capitaux indispensables à leur concrétisation. Actuellement, seulement 32 % des entrepreneuses parviennent à obtenir un financement externe, un chiffre qui souligne la méfiance persistante des investisseurs traditionnels face aux initiatives féminines, tout particulièrement dans les secteurs à forte intensité capitalistique ou industrielle.

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Le constat est encore plus net dans le domaine de la haute technologie et de l’innovation de rupture. Le baromètre SISTA et BCG souligne que les jeunes entreprises innovantes fondées ou cofondées par des femmes ne captaient encore que 11 % des montants globaux investis par le capital-risque en France. De plus, au sein de l’indice French Tech Next40/120, qui regroupe les sociétés technologiques les plus prometteuses du pays, à peine 20 % des postes de PDG ou de cofondatrices sont occupés par des femmes. Seulement 11 % des investissements du capital-risque bénéficient aux jeunes entreprises innovantes dirigées ou co-dirigées par des femmes. Outre la prudence excessive des bailleurs de fonds, l’accès réduit aux réseaux d’influence économiques traditionnels et une forme d’autocensure restreignent le niveau des ambitions financières affichées lors des négociations.

Les dispositifs nationaux de soutien au financement

Face à ces réticences institutionnelles, plusieurs mécanismes publics et mutualistes ont été déployés pour renforcer la crédibilité des dossiers d’emprunt et consolider l’apport initial des fondatrices. Le principal levier étatique demeure la garantie ÉGALITÉ Femmes, opérée par Bpifrance. Ce dispositif permet de rassurer les banques partenaires en couvrant une part substantielle du risque de crédit, évitant ainsi d’exiger des cautions personnelles qui pèsent sur le patrimoine familial des porteuses de projet. En apportant cette caution financière, l’État s’efforce de fluidifier le crédit pour les projets créateurs de valeur.

Parallèlement, la consolidation des fonds propres repose sur l’intervention de réseaux associatifs engagés dans la souveraineté économique locale. Des organismes reconnus tels qu’Initiative France, Réseau Entreprendre ou France Active distribuent des prêts d’honneur à taux zéro, accordés sans demande de garantie personnelle. Ces apports de départ permettent de faire levier auprès des banques privées. Par ailleurs, des structures spécialisées comme l’ADIE proposent des subventions ciblées pour amorcer l’activité. La garantie ÉGALITÉ Femmes permet de lever le verrou bancaire en sécurisant les emprunts sans exiger de caution personnelle. Toutefois, la complexité des parcours administratifs et le manque de visibilité de ces aides entravent encore leur pleine efficacité sur le terrain.

L’auto-entrepreneuriat à l’épreuve de la pérennité économique

Pour contourner les exigences réglementaires et juridiques des sociétés classiques, de nombreuses Françaises choisissent le statut de la micro-entreprise comme tremplin initial. Cette formule offre une grande simplicité de gestion, idéale pour tester un marché sans s’exposer immédiatement à des risques financiers majeurs. Cependant, la durabilité de ces structures demeure incertaine sur le long terme : selon les indicateurs statistiques, à peine 45 % des micro-entrepreneuses conservent une activité effective cinq ans après leur immatriculation. Ce chiffre rappelle l’importance capitale de la rentabilité et de la viabilité économique face à la précarité des statuts individuels.

Pour accompagner ces créations d’entreprises de proximité, divers aménagements fiscaux et sociaux ont été pérennisés. L’Aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise (ACRE) offre une exonération partielle des charges sociales au cours de la première année d’exercice, allégeant la trésorerie au démarrage. De leur côté, le Contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE) et le Nouvel accompagnement pour la création et la reprise d’entreprise (NACRE) fournissent un suivi méthodologique étalé sur plusieurs années tout en sécurisant les droits sociaux existants. Seulement 45 % des micro-entrepreneuses sont encore en activité cinq ans après le lancement de leur affaire. La simplification des démarches et un accompagnement centré sur la gestion rigoureuse apparaissent ainsi indispensables pour transformer ces initiatives en réussites durables pour l’économie française.

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Écrit par
Inès Moreau

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