- Le président américain Donald Trump s’oppose fermement à l’instauration de règles internationales pour encadrer l’intelligence artificielle, dénonçant une « conspiration malsaine ».
- Il critique vivement Dario Amodei, le patron de la start-up Anthropic, qui préconise un ralentissement face au risque de perte de contrôle d’internet par l’IA d’ici six à douze mois.
- En parallèle, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, réclame en urgence un cadre multilatéral pour parer à des menaces jugées irréversibles.
Le souverainisme technologique contre les garde-fous internationaux

La course à la suprématie technologique ne s’embarrassera pas de structures supranationales, du moins pas sous l’égide de Washington. Lundi 14 septembre 2026, le président américain Donald Trump a fermement rejeté l’idée d’imposer des régulations ou des traités mondiaux pour freiner le développement de l’intelligence artificielle (IA). Fidèle à sa doctrine de puissance industrielle et nationale, le chef de l’État a fustigé sur sa plateforme Truth Social ce qu’il qualifie de « conspiration malsaine » visant à brider cette technologie stratégique. Pour Donald Trump, l’autorité de l’État souverain et la force de l’exécutif américain constituent les seules garanties nécessaires à la sécurité collective. « Le seul contrôle ou garde-fou dont a besoin l’IA est un président fort et intelligent, et les États-Unis en ont en pagaille », a-t-il affirmé, affichant sa volonté de préserver l’avance technologique américaine face à toute tentative de bridage extérieur.
L’affrontement politique avec les géants de la Silicon Valley
Ce positionnement sans concession s’accompagne d’une charge directe contre les figures de la Silicon Valley partisanes du principe de précaution. Donald Trump a notamment pris pour cible Dario Amodei, le dirigeant de la société d’IA Anthropic. Ce dernier avait plaidé publiquement pour une « décélération » de la recherche afin de mieux appréhender des capacités technologiques qui dépassent désormais le cadre de la simple assistance technique. La méfiance manifestée par le président américain envers les grands patrons de la tech illustre son refus de laisser des acteurs privés ou des experts autoproclamés dicter le rythme de la croissance économique. L’administration a ainsi rappelé qu’elle avait déjà agi pour empêcher des dérives, ironisant sur l’attitude de Dario Amodei : « L’administration Trump a empêché les gens de l’IA de faire des choses mauvaises, ou potentiellement mauvaises, comme Dario, qui fait maintenant semblant d’être un parfait petit ange », a cinglé le président.
L’alerte d’Anthropic sur un basculement imminent
La virulence de cette réaction intervient alors que les concepteurs d’IA eux-mêmes tirent la sonnette d’alarme sur l’autonomie croissante de leurs modèles. Dans une note publiée sur son site internet, Dario Amodei a brossé un scénario inquiétant, affirmant que l’intelligence artificielle serait en mesure de « prendre le contrôle de l’intégralité d’internet » dans un horizon très proche, estimé entre six et douze mois. Ce constat de vulnérabilité technique nourrit les craintes d’une perte de contrôle définitive sur les infrastructures numériques mondiales. Pour les partisans d’une pause technologique, les risques de déstabilisation des réseaux, de cyberattaques systémiques ou de manipulation de masse justifient une intervention politique immédiate, une vision que la Maison-Blanche refuse de traduire par des lois restrictives susceptibles de paralyser ses propres champions industriels.
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L’ONU réclame une gouvernance multilatérale
À l’opposé de la vision souverainiste américaine, les institutions multilatérales tentent d’organiser une réponse globale. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, est intervenu pour réclamer une « action urgente » des États et des entreprises. Selon lui, les systèmes d’IA les plus avancés font peser des « risques sans précédent » sur l’humanité entière, menaçant directement des droits fondamentaux tels que le droit à la vie, à l’alimentation, à la vie privée, à la santé et à la sécurité. Le plaidoyer de l’ONU en faveur d’un encadrement international se heurte frontalement à la volonté des grandes puissances de préserver leur autonomie de décision. En affirmant que l’humanité est « à l’aube d’un changement irréversible » qui engagera les générations futures, Volker Türk tente de mobiliser les chancelleries mondiales, alors même que le scepticisme grandit quant à la capacité des instances multilatérales à imposer des règles communes à des nations engagées dans une compétition géopolitique féroce.