- Ce dimanche 13 septembre 2026, la Maison Kayser a vendu ses croissants et baguettes aux prix de 1996 dans plusieurs boulangeries, notamment à Nice.
- Le croissant a été proposé à 4 francs (0,60 euro) et la baguette à 3,92 francs (0,55 euro), représentant une baisse de prix de plus de 50 %.
- Cette opération anniversaire met en lumière l’envolée des prix de la vie quotidienne depuis le passage à la monnaie unique européenne en janvier 2002.
Le retour éphémère de la monnaie nationale à Nice
Le dimanche 13 septembre 2026 restera gravé dans la mémoire des habitants du quartier du port à Nice comme une parenthèse de nostalgie économique. Pour célébrer ses trente années d’existence, l’enseigne de boulangerie Maison Kayser a pris l’initiative singulière de commercialiser ses produits phares aux tarifs en vigueur lors de sa création, en 1996. Au sein de la boutique située au 3, rue Cassini, dirigée depuis trois ans par Alexandra Sansoni, les étiquettes bilingues ont fleuri sur le comptoir vitré, affichant des tarifs qui semblaient appartenir à une autre époque : le croissant à 4 francs, soit 0,60 euro, et la baguette de pain à 3,92 francs, soit 0,55 euro. Ce bond dans le passé a permis aux clients de mesurer l’abîme qui sépare les réalités économiques de 1996 de celles d’aujourd’hui. Cette opération, qui s’est déployée dans plusieurs établissements des Alpes-Maritimes et de France, a immédiatement suscité un vif intérêt auprès des riverains, venus en nombre dès l’ouverture des portes à 7 heures du matin pour retrouver le goût de leur jeunesse et, surtout, des prix oubliés.
L’engouement populaire et le réveil des souvenirs
L’affluence constatée dès les premières lueurs du jour témoigne de la résonance profonde de cette initiative au sein de la population locale. Pour la directrice de l’établissement, Alexandra Sansoni, l’événement a mis en lumière un clivage générationnel frappant mais prévisible. Les jeunes générations et la clientèle touristique de passage ont observé ces tarifs avec une curiosité amusée, parfois sans bien saisir la portée historique de cette monnaie disparue. À l’inverse, pour les adultes et les retraités, la résurgence du franc a agi comme un puissant vecteur de mémoire. Pour de nombreux clients, le franc demeure le symbole d’une époque de stabilité et de prospérité nationale. Discuter à nouveau en anciens francs ou en francs d’avant 2002 n’était pas seulement un jeu comptable, mais l’expression d’un regret partagé face à la dérive des prix. Les commentaires enthousiastes des habitués du quartier ont confirmé que le lien affectif des Français avec leur ancienne monnaie nationale reste particulièrement vivace, vingt-quatre ans après son retrait de la circulation.
Le bilan amer du passage à l’euro
Derrière l’aspect festif et publicitaire de cette opération commerciale se cache une réalité économique beaucoup plus sombre, que les défenseurs de la souveraineté nationale n’ont cessé de dénoncer depuis un quart de siècle. En convertissant les prix actuels vers ceux de 1996, la perte de pouvoir d’achat des Français apparaît dans toute sa brutalité. Lors de l’introduction de la monnaie unique européenne en janvier 2002, les autorités politiques et monétaires avaient promis que la transition se ferait sans impact inflationniste majeur. Pourtant, l’observation des produits de consommation quotidienne montre une tout autre réalité. Une baguette vendue aujourd’hui aux alentours de 1,20 euro coûte plus du double de son équivalent en francs de 1996. Le passage à la monnaie unique en 2002 a marqué le début d’une érosion continue du pouvoir d’achat des classes populaires et moyennes. Le pain, aliment de base des foyers français, est devenu le marqueur le plus évident de cette dérive, rappelant aux citoyens que l’inflation officielle, souvent lissée par des indices complexes, ne reflète pas toujours la réalité de leurs dépenses quotidiennes.
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La monnaie, pilier de la souveraineté nationale
Pour les tenants d’une vision souverainiste de l’économie, la monnaie n’est pas un simple outil d’échange dématérialisé, mais un attribut fondamental de la souveraineté d’un peuple. La disparition du franc au profit d’une monnaie supranationale gérée à Francfort a privé l’État français de ses leviers d’ajustement monétaire et a soumis l’économie locale à des règles rigides, souvent déconnectées des réalités du terrain. Les boulangers, artisans indispensables à la vie de nos communes, subissent de plein fouet les fluctuations des coûts de l’énergie et des matières premières, accentuées par les défaillances des marchés européens. L’initiative de la rue Cassini à Nice montre à quel point les Français restent attachés à des repères nationaux solides. La réintroduction symbolique du franc rappelle que la souveraineté monétaire reste intimement liée à la défense du quotidien des Français. Alors que la crise économique persiste, cette journée singulière aura permis d’ouvrir un débat nécessaire sur les choix macroéconomiques des dernières décennies et sur la nécessité de replacer l’intérêt national au cœur des politiques publiques.