- La candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, place le logement au sommet de ses priorités pour l’élection présidentielle de 2027.
- Son programme repose sur la suppression du dispositif Zéro artificialisation nette (ZAN) et la fin du caractère contraignant du Diagnostic de performance énergétique.
- La droite nationale souhaite instaurer la priorité nationale pour l’accès aux logements sociaux, aux aides publiques et aux logements étudiants.
- Une mesure de fermeté prévoit l’expulsion des familles délinquantes des parcs HLM avec une interdiction de réaccès de trois ans.
Un cap présidentiel fixé sur la propriété et l’enracinement

Le 13 septembre 2026, depuis son fief d’Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais, Marine Le Pen a tracé les contours d’un des chantiers prioritaires de sa potentielle accession à l’Élysée en 2027 : le logement. À la suite de journées de travail menées au Touquet avec les cadres et parlementaires du Rassemblement national, la députée a prononcé un discours d’une heure entièrement dédié à l’immobilier et à la défense du droit de propriété. Face à un secteur aujourd’hui plongé dans une crise historique en raison de la hausse des taux d’intérêt et du durcissement des règles d’octroi de crédit, la candidate souverainiste entend redonner de l’air aux ménages français. Son ambition affichée est claire : rompre avec la logique de la pénurie pour bâtir une véritable société de propriétaires. Selon elle, le logement doit cesser d’être une source d’angoisse quotidienne pour redevenir un facteur de stabilité sociale et d’enracinement familial. Marine Le Pen entend faire du logement le pilier central de son projet de redressement national pour l’échéance présidentielle de 2027.
Libérer la construction contre l’asphyxie normative du ZAN
Pour relancer l’activité des constructeurs et des artisans, Marine Le Pen prône une simplification administrative drastique et une révision complète des règles d’aménagement du territoire. Au premier rang de ses cibles figure le dispositif « Zéro artificialisation nette » (ZAN), issu de la loi Climat et Résilience, qu’elle s’engage à supprimer purement et simplement. Accusé par de nombreux élus locaux, notamment en zone rurale, de bloquer le développement économique et d’empêcher les jeunes couples de faire construire leur maison individuelle, le ZAN est présenté par la droite nationale comme un symbole d’écologie punitive et de centralisme technocratique. En complément, elle propose de lancer un grand plan de reconversion des bureaux vacants en habitations et de réduire de manière significative les délais d’instruction des permis de construire. Pour la candidate du Rassemblement national, la relance du bâtiment constitue un levier économique puissant qui irriguera l’ensemble de l’appareil productif français. La candidate propose de rompre avec le carcan bureaucratique actuel en supprimant le dispositif contesté du Zéro artificialisation nette afin de libérer l’acte de bâtir.
Propriété protégée et fin de l’inquisition écologique du DPE
Le second axe de cette politique de bon sens s’attaque frontalement aux contraintes environnementales pesant sur le parc immobilier existant. Marine Le Pen propose de désamorcer la crise locative en retirant tout caractère coercitif au Diagnostic de performance énergétique (DPE), dont les obligations de rénovation progressive menacent d’exclure du marché des milliers de logements qualifiés de passoires thermiques. Le DPE conserverait un statut uniquement indicatif pour les transactions et les locations. En contrepartie, pour encourager la transition sans contraindre, un dispositif d’aide baptisé « 100% Renov » verrait le jour, consistant en un prêt à taux zéro destiné aux ménages pour financer l’isolation, l’électrification du chauffage ou l’installation de systèmes de climatisation. De plus, afin de fluidifier les parcours résidentiels dans un contexte financier difficile, la candidate veut instaurer la portabilité obligatoire des prêts immobiliers, permettant aux acquéreurs de conserver les taux avantageux contractés par le passé lors d’un changement de résidence. Le projet prévoit de désamorcer la crise locative en retirant tout caractère contraignant au Diagnostic de performance énergétique pour en faire un simple indicateur.
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Priorité nationale et restauration de l’ordre dans le parc social
Le volet social et sécuritaire du programme réaffirme les principes cardinaux du souverainisme en introduisant la priorité nationale au cœur du système de solidarité publique. Marine Le Pen souhaite réserver l’accès prioritaire aux logements sociaux ainsi que le bénéfice des Aides personnelles au logement (APL) aux seuls citoyens français, une mesure qui s’appliquerait également aux logements étudiants pour soutenir la jeunesse de notre pays. Par ailleurs, elle prône l’abrogation de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (loi SRU), qui impose aux communes des quotas rigides de logements sociaux sous peine de lourdes sanctions financières. En parallèle, la candidate souhaite faciliter la vente d’une partie du parc HLM à ses occupants afin de dégager de nouvelles capacités de financement. Enfin, sur le plan de l’ordre public, elle propose l’expulsion systématique des familles de délinquants logées dans le parc social en cas de dégradations ou de troubles avérés, avec une interdiction de réaccès au parc HLM durant trois ans. Pour garantir la tranquillité des propriétaires privés, une loi de protection renforcée contre le squat sera adoptée dès le début de son mandat, avant un nouveau rendez-vous politique majeur fixé au 25 octobre à Orléans pour le Congrès du parti. L’application stricte de la priorité nationale dans l’attribution des logements sociaux et la restauration de l’ordre public constituent le socle de cette réforme du parc HLM.