- Donald Trump menace de cesser tout échange commercial avec l’Union européenne si le projet de faire du Canada un « membre associé » aboutit.
- La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a formulé cette proposition inédite lors de son discours sur l’état de l’Union le 16 septembre 2026.
- Le Premier ministre canadien, Mark Carney, cherche de nouveaux partenaires face aux menaces douanières de Washington visant l’automobile canadienne.
Une riposte douanière face aux ambitions bruxelloises
La tension monte d’un cran entre Washington et Bruxelles. Suite au discours sur l’état de l’Union prononcé le mercredi 16 septembre 2026 par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président américain Donald Trump a fermement réagi aux velléités d’élargissement de l’influence européenne en Amérique du Nord. La dirigeante allemande a proposé d’accorder au Canada un statut inédit de « membre associé » de l’Union européenne et de l’intégrer au futur Conseil européen de sécurité, en présence du Premier ministre canadien Mark Carney. Interrogé par les journalistes, le chef de l’État américain a qualifié ce projet de « ridicule ». Donald Trump a prévenu qu’il imposerait de lourdes barrières douanières ou interromprait totalement le commerce avec les Vingt-Sept si cette initiative hostile venait à se concrétiser.
Le Canada en quête d’alliés face à la pression américaine
Cette confrontation s’inscrit dans un contexte de vives tensions commerciales entre Washington et Ottawa. À la fin du mois d’août 2026, l’administration Trump avait déjà menacé l’industrie automobile canadienne d’une taxe douanière de 50 % applicable dès le 1er janvier 2027. Face à cette perspective, le Premier ministre Mark Carney s’est tourné vers l’Europe pour diversifier ses alliances économiques et stratégiques. Bien que le cadre de ce statut d’associé reste à définir, l’Union européenne et le Canada ont déjà intensifié leurs relations. Les échanges de biens ont progressé de plus de 75 % depuis l’application provisoire de l’accord de libre-échange (CETA) en 2017. De plus, Ottawa est devenu en 2026 le premier pays tiers à intégrer Safe, le programme européen de coopération en matière de défense.
Les obstacles d’un partenariat transatlantique renforcé
La concrétisation de ce statut d’associé pourrait profondément modifier l’équilibre géopolitique, mais elle se heurte à des obstacles majeurs. Sur le plan financier, Bruxelles espère une contribution canadienne au prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine. Sur le plan commercial, l’accord du CETA, que la Commission souhaite étendre à la défense, à l’énergie et à l’intelligence artificielle, n’est toujours pas pleinement appliqué. Dix États membres, dont la France, l’Italie et la Pologne, refusent encore de le ratifier, illustrant les réticences nationales face au libre-échange globalisé. Tandis que la Commission tente de rassurer en affirmant que ce rapprochement ne vise personne, le ministre délégué français chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a rappelé qu’il n’appartenait pas aux États-Unis de dicter les choix géopolitiques européens. Cette crise souligne la fracture croissante entre la volonté de puissance de Bruxelles et la défense de la souveraineté économique des nations.