- Lors d’un match le 15 septembre 2026, Kylian Mbappé a partiellement dissimulé un message de soutien à l’enclave espagnole de Ceuta.
- Ceuta fait face à une crise migratoire majeure, marquée par l’intrusion illégale de dizaines de milliers de clandestins le 30 juillet 2026.
- Pour l’avocat franco-espagnol Jean Marc Sánchez, ce geste a profondément heurté le sentiment patriotique de la population espagnole.
- Historiquement espagnole depuis 1640, l’enclave de Ceuta n’a jamais appartenu au royaume du Maroc.
Un geste qui passe mal de l’autre côté des Pyrénées

Le 15 septembre 2026, lors de la rencontre de Liga opposant le Real Madrid à Elche, l’actualité extra-sportive a rapidement éclipsé les débats tactiques. Avant le coup d’envoi, l’ensemble de l’effectif madrilène s’est présenté sur la pelouse vêtu de t-shirts de solidarité avec la population de Ceuta, durement éprouvée par des tensions géopolitiques et migratoires majeures. Cependant, l’attitude de l’attaquant vedette et capitaine de l’équipe de France, Kylian Mbappé, a immédiatement déclenché une vive polémique nationale de l’autre côté des Pyrénées. Le joueur tricolore a en effet partiellement dissimulé le message de soutien inscrit sur sa tunique, un geste interprété par de nombreux observateurs espagnols comme un refus de s’associer à l’élan de solidarité envers l’enclave. Pour l’avocat aux barreaux de Paris et de Madrid Jean Marc Sánchez, cette attitude témoigne d’un évitement délibéré d’une question nationale cruciale pour l’Espagne, suscitant une profonde incompréhension chez ses hôtes.
Ceuta, bastion historique de la souveraineté espagnole
Pour mesurer l’ampleur de la colère suscitée par ce geste, il est indispensable de rappeler la légitimité historique de la présence espagnole sur ce territoire africain. Les habitants de l’enclave, appelés les « ceutis » ou affectueusement les « caballas », revendiquent fièrement leur appartenance à la couronne espagnole depuis des siècles. L’histoire démontre de manière incontestable que Ceuta n’a jamais été marocaine : comptoir portugais dès 1415, elle est devenue espagnole en 1640, soit bien avant l’émergence du royaume moderne du Maroc. L’Espagne exerce une souveraineté similaire sur Melilla depuis 1497, ainsi que sur plusieurs îles et promontoires côtiers comme les Chafarines ou l’îlot Persil. Sur ce dernier territoire, le Maroc avait d’ailleurs tenté une incursion militaire en 2002 avant d’être promptement expulsé par l’armée espagnole, illustrant la vigilance historique constante de Madrid face aux ambitions expansionnistes de son voisin.
La submersion migratoire du 30 juillet 2026 comme détonateur
La sensibilité espagnole autour de Ceuta s’est considérablement exacerbée ces derniers mois, à la suite d’événements d’une gravité inédite. Le 30 juillet 2026, la frontière de l’enclave a été le théâtre d’un assaut massif et violent de la part de l’immigration clandestine. Des dizaines de milliers de migrants clandestins ont forcé la frontière espagnole sans aucune opposition des autorités marocaines, marquant l’incursion illégale la plus importante de l’histoire récente de la région. Cette passivité complice du Maroc a été vécue par Madrid comme une véritable agression hybride visant à déstabiliser l’intégrité territoriale du pays. Dans ce climat de tension extrême, le soutien aux habitants de Ceuta dépasse largement le cadre humanitaire pour devenir un acte d’affirmation souveraine face à la pression migratoire, rendant la réserve du joueur français d’autant plus inacceptable aux yeux de l’opinion publique locale.
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Le malaise des stars du football face au patriotisme national
Cette affaire remet en lumière le rapport ambigu qu’entretiennent certaines icônes du football mondialisé avec les réalités nationales et territoriales des pays qui les emploient. Alors que Kylian Mbappé n’hésite pas à s’exprimer sur des enjeux sociétaux ou électoraux en France, son mutisme ou son évitement face à la crise souveraine espagnole interpelle. Cette prudence calculée suscite de vives critiques au sein de l’opinion conservatrice et patriotique espagnole, qui y voit la volonté d’épargner son image internationale et ses intérêts commerciaux, notamment vis-à-vis de partenaires du monde arabe. Pour les défenseurs de l’Europe des nations, cette polémique illustre la déconnexion de certaines stars du sport de haut niveau, plus soucieuses de leur marque personnelle que du respect des frontières et de la souveraineté des peuples qui les accueillent.