- L’ancien milieu de terrain Brahim Hemdani succède à Vladimir Petkovic pour diriger l’équipe nationale algérienne.
- La nouvelle liste marque la fin d’une époque avec le retrait de cadres historiques comme Riyad Mahrez et Aïssa Mandi.
- Des choix disciplinaires et sportifs forts écartent Baghdad Bounedjah et le gardien Ossama Benbot au profit de la jeunesse.
- Le nouveau sélectionneur s’appuiera sur les retours de Himad Abdelli et Ilan Kebbal pour les éliminatoires de la CAN contre la Zambie et le Burundi.
Un nouveau souffle pour les Fennecs sous l’égide de Brahim Hemdani

L’équipe nationale d’Algérie entame un tournant stratégique majeur de son histoire contemporaine. Après une période de transition sous la direction de Vladimir Petkovic, qui aura duré un peu plus de deux années sans parvenir à stabiliser l’édifice, la Fédération Algérienne de Football (FAF) a fait le choix de la continuité identitaire et de l’expertise de terrain. Plusieurs techniciens de renom, tels qu’Hervé Renard, Gustavo Poyet ou encore Roberto Martinez, avaient été pressentis pour reprendre le flambeau. C’est finalement Brahim Hemdani, fort de ses 48 ans et d’un passé prestigieux de joueur au sein de l’Olympique de Marseille et des Glasgow Rangers, qui a été investi de cette mission de reconquête nationale. Ce choix n’est pas anodin : Hemdani, qui a fait ses armes d’entraîneur auprès des U20 algériens et dans des clubs comme Marignane ou Courbevoie, incarne une forme de méritocratie et une connaissance intime des rouages du football local et de la diaspora. Pour l’épauler dans cette tâche herculéenne, il pourra compter sur l’expérience d’Anthar Yahia, figure emblématique du football algérien, au sein de son encadrement technique.
La fin du cycle des icônes et l’avènement d’une nouvelle hiérarchie
Le rassemblement prévu du 21 septembre au 6 octobre marquera une rupture nette avec le passé récent. L’Algérie doit désormais composer sans ses deux piliers historiques, Riyad Mahrez et Aïssa Mandi, qui ont officiellement clos leur chapitre international après la Coupe du Monde 2026. Cette vacance du pouvoir sur le terrain oblige Brahim Hemdani à redéfinir l’ossature de son équipe dès les prochaines échéances contre la Zambie, le 25 septembre, et le Burundi, le 29 septembre, dans le cadre des éliminatoires pour la Coupe d’Afrique des Nations (Groupe I). La volonté du nouveau staff est de privilégier une dynamique de groupe rajeunie, capable de porter le projet souverain de la sélection sur le long terme. Ce renouvellement s’accompagne de décisions tranchées, notamment au poste de gardien de but, où le manque de régularité chronique sous l’ère précédente a conduit à une remise en question totale de la hiérarchie établie. Luca Zidane, dont les performances avaient été scrutées durant le dernier Mondial, est annoncé forfait, tandis qu’Ossama Benbot se voit écarté pour des raisons qui dépassent le simple cadre sportif, suggérant une volonté de fer de la part de Hemdani en matière de discipline collective.
Rigueur et discipline : les cas Bounedjah et Benbot
L’une des annonces les plus commentées de cette nouvelle ère est sans conteste l’éviction de l’attaquant Baghdad Bounedjah. Malgré des statistiques honorables en club avec trois buts inscrits en quatre rencontres cette saison, le joueur d’Al-Shamal ne figure plus dans les plans immédiats du sélectionneur. Cette mise à l’écart répond à une exigence de comportement exemplaire et de maîtrise de soi, des valeurs jugées cardinales par Brahim Hemdani pour restaurer l’autorité du maillot national. Les récents écarts de conduite de Bounedjah sur les terrains qatariens, marqués par des altercations répétées avec le corps arbitral, ont pesé lourdement dans la balance. En filigrane, c’est aussi la montée en puissance de la nouvelle génération, incarnée par Amine Gouiri et l’intégration attendue d’Amine Chiakha, qui pousse les anciens vers la sortie. Le message est clair : le talent ne suffit plus, il doit s’accompagner d’une éthique de travail et d’un respect scrupuleux des consignes, un crédo conservateur qui place l’institution au-dessus des individualités.
À lire aussi Algérie : Brahim Hemdani dévoile sa première liste, l’après-Mahrez s’organise
Le chantier de la défense et les paris du milieu de terrain
Brahim Hemdani doit également stabiliser une défense qui a souvent montré des signes de fragilité. S’il s’appuiera sur des cadres comme Ramy Bensebaïni et Rayan Aït-Nouri · malgré un temps de jeu réduit pour ce dernier à Manchester City · le sélectionneur n’hésite pas à prospecter au sein du championnat local avec l’appel probable d’Achref Abada. Au milieu de terrain, la révolution est tout aussi visible. Le choix de se passer de joueurs d’expérience comme Houssem Aouar ou Ramiz Zerrouki, selon les orientations techniques actuelles, témoigne d’une volonté de redonner de l’impact physique et de la créativité. Le retour de Himad Abdelli, pressenti pour retrouver une place de titulaire, ainsi que celui d’Ilan Kebbal, marquent une rupture avec les choix de Vladimir Petkovic. Avec des noms comme Farès Chaïbi, Hicham Boudaoui et potentiellement de nouveaux visages issus du réservoir national ou européen, le milieu algérien cherche un nouvel équilibre entre technique pure et rigueur tactique, indispensable pour aborder les joutes africaines à venir.
Une ambition nationale retrouvée pour les prochaines échéances
La présentation officielle de Brahim Hemdani devant la presse ce jeudi devrait confirmer ces orientations fortes. En plaçant la barre haut dès sa première liste, le sélectionneur algérien ne se contente pas de gérer un héritage ; il pose les jalons d’une reconstruction structurelle. L’objectif est limpide : qualifier l’Algérie pour la prochaine CAN avec la manière, tout en instaurant une culture de l’excellence et du dépassement de soi qui a parfois fait défaut ces derniers mois. Les choix portés sur des joueurs comme Mohamed Belloumi, Anis Hadj Moussa ou Mohamed Amoura en attaque soulignent cette transition vers un football plus vertical et énergique. Pour l’Algérie, ce rassemblement de septembre ne constitue pas seulement une étape sportive, mais un véritable test de caractère sous la houlette d’un homme qui semble avoir fait de l’ordre et de la clarté ses priorités absolues. Le public algérien, exigeant et passionné, attend désormais de voir si cette rigueur se traduira par des résultats concrets sur le rectangle vert.